Habituellement discret dans les médias, Bernard Arnault a choisi l'humour et l'ironie pour répondre à la série d’articles que le quotidien Le Monde lui a consacrée du 19 au 24 juillet. Dans un texte intitulé "Merci", publié dimanche 26 juillet sur le compte X officiel de LVMH, le chef d'entreprise revient sur plusieurs points abordés par les journalistes. Il s’attarde notamment sur sa vie familiale et sur les supposées rivalités entre ses enfants, qu'il dément directement.
Dès le début de son message, le dirigeant s’amuse de son image publique et des surnoms qui lui sont attribués : "Je n’avais pas eu droit à pareil traitement depuis la reprise de Boussac en 1984. On m’appelait alors The Terminator. Je préfère 'la dernière famille royale', c’est plus élégant", écrit-il. Sans contester les éléments factuels publiés par le quotidien, il assume sa démarche publique : "Je n'ignore pas qu’en répondant, j’offre à ce feuilleton le projecteur qu’il espérait peut-être, un dernier épisode signé de ma main. Soit."
Mais le cœur de sa mise au point concerne ses proches. Alors que certains échos faisaient état de distances ou de désaccords entre ses cinq enfants et leur belle-mère, Hélène Mercier, Bernard Arnault s'oppose nettement à l'idée d'une scission au sein de son foyer. "Qu’il serve au moins à une chose : épargner de l’énergie à tous ceux qui, par ailleurs, parient sur la fissure d’une famille pour vendre du papier. Ils attendront longtemps", avertit-il.
Il rappelle dans son billet que ses cinq enfants dirigent des maisons du groupe, forment des équipes, prennent des décisions ensemble et s’appellent le dimanche. Il souligne également que toute la famille a accepté de recevoir et de répondre aux journalistes pendant les six mois de préparation de l'enquête : "Ma famille a fait de même : mes cinq enfants, mon épouse, avec dévouement et attention, moi-même. Tous présents, tous disponibles, tous unis."
Une précision qui s'inscrit dans le prolongement de ses déclarations lors de l'assemblée générale des actionnaires en avril dernier, durant laquelle il avait affirmé que la question de sa succession ne se poserait pas avant "sept ou huit ans".
Au fil de sa lettre, Bernard Arnault aborde d'autres aspects de son quotidien et de ses relations. Il s'amuse des comparaisons avec d'autres dynasties industrielles comme les Wertheimer, propriétaires de Chanel, et confie, "sous le sceau du secret", posséder plusieurs cravates de la maison Hermès dans sa garde-robe.
Enfin, le dirigeant termine par une remarque sur son gendre, Xavier Niel, actionnaire à titre individuel du quotidien Le Monde et compagnon de sa fille Delphine Arnault, tout en relevant que ce dernier n'intervient pas dans la ligne éditoriale du journal : "Il faudra qu’on m’explique un jour, calmement et sans ironie, la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française. Je paierais volontiers la formation." Une manière directe de refermer ce chapitre médiatique.