Tout commence un soir de décembre 2012. Stéphane Bern est alors en tournage en Normandie lorsque Jean-Louis Remilleux, producteur de Secrets d'histoire, l'appelle : le président du conseil général d'Eure-et-Loir aurait une demeure susceptible de l'intéresser. Direction le Perche, où le présentateur découvre un bâtiment en ruine, que l'État n'a plus les moyens d'entretenir. "Faites une offre et elle sera acceptée !", lui lance alors le maire. Stéphane Bern propose 300 000 euros et s'engage à restaurer le domaine. L'affaire est conclue. "Je n'avais pas le fantasme du châtelain. Si on m'avait proposé un vrai château, je ne l'aurais pas fait. J'aurais eu l'impression de singer les têtes couronnées que je côtoie depuis toujours… Très vite, ce qui m'a attiré, c'est l'idée d'en faire, outre ma maison, un musée", confie-t-il au Parisien. Bâti en 1630 dans une ancienne abbaye du XIIe siècle, transformé en collège sur ordre de Louis XVI en 1776, le lieu a une histoire riche que l'animateur tient à faire vivre : "J'ai une mission de transmission auprès des jeunes générations - j'invite les gamins à visiter le collège - mais aussi de développement de l'économie locale."
La facture, elle, est salée : quatre millions d'euros, financés sans la moindre aide publique. "Je me suis endetté au-delà de mes capacités : 4 millions d'euros à rembourser sur 25 ans. J'ai refusé toutes les aides publiques. Tout mon argent y passe, mes droits d'auteur, l'argent des émissions", révèle Stéphane Bern, qui a même vendu aux enchères la quasi-totalité des meubles de son ancien appartement parisien pour boucler le budget. "Je me suis trouvé une passion pour la restauration. J'ai découvert comment construire une charpente comme au XVIIIe siècle, où tout est chevillé sans l'usage d'un clou ou d'une vis. Pour ces travaux, j'ai souhaité m'entourer des meilleurs", raconte-t-il, entouré de vingt-cinq artisans triés sur le volet, dont l'équipe qui a rénové l'hôtel de Crillon.
Fidèle à sa promesse, Stéphane Bern ouvre son musée dès l'été 2016. Chaque année, environ 12 000 visiteurs arpentent les salles de classe transformées et les jardins confiés au paysagiste Louis Benech, déjà passé par les Tuileries, Versailles et Vaux-le-Vicomte. L'entrée coûte 8 euros, et les curieux peuvent repartir avec un produit de la marque maison. "Avec Yori, qui est un créatif, on a imaginé la marque Collège royal pour vendre nos produits maison : des coussins, des savons, des tabliers. Et même des chaussettes à l'effigie des teckels", s'amuse Stéphane Bern.
Toujours aussi actif à la télévision, l'animateur a également repris les rênes de La Carte aux trésors sur France 3, succédant ainsi à Cyril Féraud à la présentation de l'émission culte.
Passionné de vieilles pierres, Stéphane Bern a par ailleurs profité de ces derniers mois pour s'offrir une nouvelle demeure, cette fois dans le Var, où il aime s'évader loin de l'agitation parisienne et du chantier permanent de Thiron-Gardais.