Révélé au grand public avec Un prophète, qui lui a valu le César du meilleur espoir masculin, Tahar Rahim s’est imposé comme l’un des acteurs français les plus investis de sa génération. De Le Passé à Désigné coupable, en passant par Monsieur Aznavour, le comédien de 45 ans est reconnu pour son exigence et son goût des transformations physiques lorsqu’un rôle l’impose. Une implication totale qu’il a de nouveau évoquée dans C à vous, en revenant sur les lourdes conséquences de la perte de poids qu’il avait acceptée pour incarner Amin dans Alpha, de Julia Ducournau.
Invité sur le plateau de France 5, l'époux de Leila Bekhti, mère de ses quatre enfants, a expliqué que cette préparation extrême avait eu un coût bien plus important qu’il ne l’imaginait. Après avoir perdu une vingtaine de kilos pour le tournage, il a souffert de séquelles physiques au moment de reprendre du poids. "Tendinites à tout va, parce que ce que les tendons détestent le plus, c’est les variations. Et ça a duré longtemps", a-t-il confié. L’acteur a également reconnu qu’il avait sous-estimé la durée de la récupération, malgré les avertissements de l’équipe médicale. "Et également quelque chose que je n’avais absolument pas accepté d’entendre de la part de l’équipe médicale, c’est que ça allait prendre plus d’un an pour récupérer son énergie vitale", a-t-il poursuivi. Une prévision qui s’est révélée exacte puisqu’il a ajouté : "Ça a pris un an et demi, c’est vrai. Donc je ne le referai pas deux fois."
Malgré cette expérience éprouvante, Tahar Rahim ne remet pas totalement en cause sa manière de préparer ses personnages. Pour lui, une transformation physique reste pertinente lorsqu’elle sert véritablement le film. "Quand le personnage le permet, et que c’est nécessaire au film, je pense qu’il faut y aller", a-t-il affirmé, avant d’expliquer ce que cela change dans son interprétation : "On bouge différemment, on se lève différemment, tout change." Et cela va même au-delà de ça : le comédien y voit aussi un défi personnel. "J’aime ça aussi pour… Je ne sais pas, il y a un côté peut-être un peu sportif là-dedans qui me plaît, de me pousser dans des retranchements. On se sent vivant, quoi", a-t-il confié. Des propos qui illustrent sa conception très engagée de son métier, même si l’acteur assure désormais qu’il ne poussera plus son corps jusqu’à une métamorphose aussi extrême que celle réalisée pour Alpha.
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