Qui a dit qu'on ne pouvait pas être une dirigeante d'entreprise à succès tout en prônant une consommation ultra-responsable ? Certainement pas Lucie Basch. À seulement 34 ans, elle affiche déjà un parcours qui ferait pâlir d'envie les plus grands patrons du CAC 40. Et pourtant, la jeune femme, fille de médecin et d’avocate, n’était pas destinée à l'entreprenariat. C'est après des études d'ingénierie à l'École Centrale de Lille et un passage par une université britannique pour le management, qu'un stage s'impose dans l'usine d'un géant de l'agroalimentaire. Une expérience qui va tout changer. En effet, en voyant le nombre de produits jetés lors de la production industrielle, Lucie Basch a un déclic : l'entreprenariat doit être le moteur du changement.
De cette prise de conscience naît alors le premier "bébé" de Lucie, à côté duquel vous n’avez pas pu passer : Too Good To Go. Co-créée il y a dix ans maintenant, cette application permet de lutter contre le gaspillage alimentaire en mettant en relation commerçants et consommateurs pour sauver des "paniers surprises" d'invendus à petit prix. Aujourd'hui, les chiffres donnent le tournis : l'appli touche 21 pays et revendique 130 millions d'utilisateurs, dont 20 millions rien qu'en France. Avec un repas sauvé toutes les cinq secondes et 1 400 emplois créés, Lucie Basch peut se vanter d'avoir un impact sociétal monstrueux. Preuve que l'on peut monter une "vraie boîte" rentable tout en restant dans une démarche durable.
Si Lucie Basch a quitté l'opérationnel de Too Good To Go fin 2022, ce n'est certainement pas pour prendre sa retraite par anticipation. Bien au contraire ! C’est en se réinstallant en partie dans le Morbihan, dans une ancienne maison de pêcheurs où elle vit quelques jours par semaine avec son compagnon Simon, qu'elle a trouvé sa nouvelle idée de génie. “Manquant de matériel [pour bricoler, ndlr], je suis allée frapper à la porte de mes voisins pour emprunter des outils, dont certains n'allaient me servir qu'une fois”, confie-t-elle dans les colonnes de Gala, ce jeudi 9 avril. L’idée mûrit alors dans son esprit.
De ce manque naît Poppins en 2024. Clin d'œil au sac fourre-tout de l'héroïne de Disney, cette application permet de louer ou d'emprunter des objets du quotidien (perceuses, lits-parapluies ou encore appareils de cuisine) entre particuliers ou professionnels. Le but ? Installer la location dans les usages quotidiens pour éviter d'acheter du bas de gamme neuf au bout du monde. “Il faut penser pouvoir d'accès plutôt que pouvoir d'achat” explique-t-elle à nos confrères. Une façon de penser qui a déjà séduit 250 000 Français et qui promet de continuer à gagner du terrain.
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