À l’occasion de son entretien dans La Tribune du dimanche, Ines de la Fressange revient avec une rare sincérité sur l’épreuve qui a bouleversé sa vie : la mort brutale de son mari, Luigi d’Urso, en 2006. Elle n’a que 48 ans lorsqu’elle devient veuve et se retrouve seule avec leurs deux filles, Nine et Violette, alors âgées de 12 et 7 ans. Un moment de douleur absolue qu’elle évoque avec pudeur, mais aussi avec lucidité.
Elle se souvient notamment de l’annonce faite à ses enfants : "C’est très difficile, parce qu’il n’y a pas de bonne manière de le faire. Il faut juste dire la vérité, simplement. (…) Je le leur ai dit moi-même, calmement. Puis j’ai ajouté : 'Demain, vous n’avez pas besoin d’aller à l’école.'" La réaction de ses filles la surprend et l’émeut encore : "Elles m’ont répondu : 'Mais maman, tu nous as toujours dit que quand ça n’allait pas il fallait être entouré de ses amis. Et nous, nos amis, ils sont à l’école.'" Une leçon de force et de dignité donnée par deux enfants à leur mère meurtrie.
Trois ans après cette tragédie, en 2009, la vie lui offre une seconde chance : elle rencontre Denis Olivennes. L'homme est loin d'être un inconnu. Ancien PDG d’Europe 1, il est aujourd’hui président de CMI France et président d’Editis, le deuxième groupe d’édition en France. Leur histoire ne se construit pas immédiatement - elle se dit alors "un peu minable, incapable de bouger et de pleurer toutes les nuits" - mais la patience de cet homme finit par ouvrir une nouvelle parenthèse lumineuse. Elle se souvient : "Il leur a toujours dit : 'J’ai les devoirs d’un père mais pas les droits d’un père. Je ne suis pas votre père, mais je vous aime comme un père.'"
Depuis plus de vingt-cinq ans, le couple formé par la styliste et l’ancien dirigeant de presse semble avoir trouvé une alchimie singulière, fondée sur l’humour et la complicité. "Entre nous, c’est l’Almanach Vermot ! On rigole sans arrêt", confiait-elle récemment. Leur secret ? Une grande liberté et un mode de vie qui leur ressemble : ils vivent chacun chez soi, un choix qui leur permet de conserver un équilibre précieux tout en nourrissant un amour solide.
De la douleur à la renaissance, Ines de la Fressange montre qu’il est possible de réapprendre à vivre, à aimer, et à rire... Même après l’inimaginable.
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