A 54 ans, Zinedine Zidane s'apprête à ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière. Ce mardi 28 juillet 2026, Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, devrait officialiser sa nomination au poste de sélectionneur de l'équipe de France, où il succédera à Didier Deschamps après quatorze années de mandat. Une étape très attendue pour l'ancien numéro 10 des Bleus, champion du monde 1998 puis entraîneur à succès du Real Madrid. Avant de relever ce nouveau défi, "Zizou" a pourtant connu une parenthèse bien plus discrète, durant laquelle un ancien rugbyman a appris à découvrir l'homme derrière la légende.
En 2011, Zinedine Zidane rejoint le Centre de droit et d'économie du sport de l'Université de Limoges afin de préparer un diplôme de manager général de club sportif professionnel. Pendant deux ans, il suit cette formation aux côtés d'anciens joueurs comme Olivier Dacourt et Eric Carrière, mais aussi de Michel Macurdy, ex-deuxième ligne du Montpellier Hérault Rugby. Dans un entretien accordé à Midi Libre, ce dernier se souvient d'un quotidien très éloigné de l'image de star inaccessible. "La formation dure deux ans, avec quatorze séminaires de trois jours. On avait des dossiers à rendre et une soutenance sur un projet sportif. Ça pouvait être sur du management, une réforme... C'était un projet perso. Olivier Dacourt, par exemple, avait fait un projet d'une ligue de football en Inde. Moi, c'était le développement d'un club de rugby de Fédérale vers le monde professionnel", explique-t-il d'abord. Quant au projet de Zidane, il est resté confidentiel. Les premiers échanges, eux, étaient forcément marqués par une certaine retenue. "Ça reste Zidane, il y a forcément un peu de retenue, de timidité. Les deux premières sessions, on n'osait pas trop", reconnaît-il.
Au fil des séminaires, la distance s'est progressivement effacée. Michel Macurdy explique qu'un véritable climat de confiance s'est installé au sein du groupe. "A partir de là, c'était devenu la même personne que tout le monde. Lui s'est mis à l'aise avec nous et inversement", se souvient-il. Pour l'ancien rugbyman, cette évolution lui a permis de découvrir une personnalité très différente de celle que le grand public imagine. "On a connu Zidane, la personne publique, le gars qu'on voit dans les médias. Et ensuite, on a eu la chance de rencontrer Zidane le collègue de cours. Ce n'est vraiment pas le même, assure ainsi le sportif. En France, il est tellement 'harcelé' qu'il est obligé de mettre une barrière pour ne pas qu'on l'embête. Ce qui est normal. Là, on s'est rendu compte que c'était un mec comme nous, qui aimait se marrer. Il a de la timidité, oui, mais c'est un mec très réfléchi, capable d'être Monsieur Tout-le-Monde quand il sent que personne ne le juge. On a passé plusieurs bons moments tous ensemble, comme si de rien n'était." Un témoignage qui dresse le portrait d'un homme réservé, mais accessible lorsqu'il évolue dans un cadre où il se sent en confiance.
Cette proximité n'a toutefois jamais fait disparaître le statut exceptionnel de l'ancien meneur de jeu des Bleus. Michel Macurdy se souvient d'un épisode précis, révélateur de la difficulté pour Zinedine Zidane de mener une vie ordinaire : "J'ai en tête une fois à Clermont-Ferrand. On va manger au restaurant un soir. En partant, on monte dans la voiture et des mecs l'ont vu. Ils ont pris leur voiture et ils nous ont suivis un bon bout de temps. Ils voulaient nous arrêter aux feux rouges, prendre des photos. C'est là que tu comprends qu'il ne peut pas être normal en étant en France." Une anecdote qui illustre la popularité intacte de l'ancien Ballon d'or, même loin des terrains. Alors que sa nomination à la tête des Bleus doit être officialisée, Zidane s'apprête à retrouver une exposition médiatique encore plus forte. Après avoir marqué l'histoire du football comme joueur puis comme entraîneur du Real Madrid, où il a notamment remporté trois Ligues des champions consécutives, il devrait désormais prendre les commandes de l'équipe de France avec, en ligne de mire, ses premiers rendez-vous dès le mois de septembre en Ligue des nations.