C’est souvent dans ce genre d’entrevue que les personnalités en révèlent un peu plus sur elles. Et face à Émilie Mazoyer dans Décibels ce mercredi 9 septembre 2026 ça n’a pas loupé. Si Élodie Frégé avait prévu de parler de sa carrière, elle a également levé le voile sur un mal silencieux dont elle souffre depuis l’enfance. Invitée à s’exprimer à l’occasion de son retour sur scène, la chanteuse s’est d’abord confiée sur Berger Story, le spectacle dans lequel elle reprend l’univers et les chansons de Michel Berger.
Un projet d’une ampleur inhabituelle pour celle qui, depuis plusieurs années, se faisait plus discrète sur le plan musical. Sur scène, l’ancienne gagnante de la Star Academy est entourée de milliers de voix. Au total, 6 300 choristes se relaient autour d’elle au fil des représentations. "On m’a contactée pour me demander d’être la soliste de ce beau projet. Au début, j’avais un peu peur", raconte-t-elle. Une appréhension rapidement dissipée une fois plongée dans le spectacle : "Finalement, les voix m’ont portée et le public aussi." Le succès rencontré par Berger Story ouvre désormais une nouvelle étape. Le spectacle part en tournée et s’installe dans de grandes salles. Un retour qui intervient alors que la chanteuse n’a plus publié de nouvel album depuis treize ans. Une absence particulièrement longue pour une artiste révélée au début des années 2000 dans la Star Academy.
Interrogée sur ce silence discographique, Élodie Frégé ne cherche pas à l’expliquer par un manque d’envie. C’est même tout le contraire. Elle décrit le désir de refaire un album comme "une très, très grande envie" qui reste présente, mais à laquelle viennent se mêler deux freins, "la peur" et "la procrastination". C’est en évoquant ces difficultés qu’elle révèle alors un élément beaucoup plus intime de son parcours. "Depuis que je suis en CE2, je souffre de TDAH", explique-t-elle. Elle ajoute ensuite : "Je me soigne depuis peu parce que j’aurais pu être sous traitement depuis l’enfance ou l’adolescence".
Cette confidence permet surtout de mieux comprendre le rapport compliqué qu’Élodie Frégé entretient aujourd’hui avec son envie de revenir véritablement à la création musicale. Elle permet également de mettre un nom sur un trouble avec lequel la chanteuse explique vivre depuis l’enfance. Le TDAH, ou trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un trouble qui peut notamment se manifester par des difficultés à maintenir son attention, à s’organiser ou à gérer certaines tâches, ainsi que par de l’impulsivité et, chez certaines personnes, de l’hyperactivité. Les manifestations varient toutefois fortement d’une personne à l’autre. Dans le cas d’Élodie Frégé, la chanteuse établit elle-même un lien entre cette révélation et les difficultés qu’elle rencontre lorsqu’il s’agit de concrétiser ses projets musicaux.
Elle ne présente toutefois pas son TDAH comme l’unique raison de cette longue absence discographique. Elle reconnaît d’ailleurs elle-même avoir beaucoup attendu. "J’ai tellement reculé pour mieux sauter, je me suis tellement éloignée de cet horizon-là que je le vois flou", explique-t-elle. Revenir avec ses propres chansons nécessite désormais de franchir un cap qu’elle a longtemps repoussé. Et la chanteuse semble parfaitement consciente du travail qu’il lui reste à accomplir pour y parvenir. La chanteuse emploie même une formule très directe pour parler de ce retour : il va falloir qu’elle se mette "un sacré coup de pied au cul". Car les chansons sont bien là et occupent visiblement une place particulière dans sa vie. L’artiste les décrit comme "ses enfants" et estime aujourd’hui qu’il serait dommage de continuer à les conserver uniquement pour elle. "C’est important de pouvoir les offrir et pas seulement les garder pour soi, c’est assez moche finalement", reconnaît-elle.
Ces confidences font écho à d’autres prises de parole très personnelles de la chanteuse. En janvier 2023, dans le podcast Contre-Addiction, Élodie Frégé avait déjà parlé sans détour de certains comportements qu’elle associait à une forme d’autosabotage. À l’époque, elle avait révélé avoir pris l’habitude de boire avant ses prestations. "Je ne peux pas monter sur scène sans boire", avait-elle confié, tout en précisant qu’il s’agissait de deux verres. Une habitude sur laquelle elle s’interrogeait elle-même ouvertement : "Ce n’est rien, ce sont deux verres, mais ce sont deux verres. Donc si j’avais énormément de succès et que j’avais des concerts tous les soirs, serais-je alcoolique ?" Une manière, déjà, de mettre des mots sur ses fragilités sans chercher à les dissimuler.