Ce jeudi 16 avril 2026, à 21h10, France 2 diffuse un numéro inédit d'Envoyé Spécial, une émission animée par Elise Lucet. Une journaliste que l'on retrouve également aux commandes de Cash Investigation, un programme d'ailleurs visé par une plainte (ce n'est pas la première fois) après un reportage sur des violences dans le périscolaire.
Lorsqu'elle n'est pas à l'antenne ou en train de préparer ses émissions, Elise Lucet s'occupe de sa fille Rose, née en 2007 de son histoire d’amour avec l’antiquaire Martin Bourgeois, emporté par la maladie en 2011. En 2022, la célèbre journaliste accordait un entretien à nos confrères du magazine Télé Star, dans lequel elle en disait davantage sur sa fille, alors âgée d'environ 15 ans.
On apprenait notamment que cette dernière ne veut pas d'enfants. "Je la comprends. L’insouciance que l’on a vécue, ils ne l’ont pas", analysait alors Elise Lucet, en incluant dans ses propos les autres jeunes de la génération de sa fille, qui eux aussi ont pris cette décision.
Interrogé par France Inter, le démographe Laurent Toulemon, directeur de recherche à l'Ined, avait expliqué que "parmi les jeunes de moins de 30 ans, il y a à peu près 13% des femmes et 15% des hommes qui déclarent qu'ils souhaitent avoir zéro enfant. Alors qu'en 2005, c'était 3 ou 4% des hommes ou des femmes de moins de 30 ans".
Mais comment l'expliquer ? Pour Élodie Gentina, docteure en sciences de gestion et sociologue interrogée par nos confrères de TF1 Info, les raisons de ce phénomène sont multiples, mais l'obstacle financier demeure le premier frein. Élever un enfant représente un investissement colossal : selon des estimations du ministère de la Santé, cette charge s'élèverait à environ 180 000 euros de la naissance jusqu'au vingtième anniversaire. À une époque où les carrières sont perçues comme instables, la question économique pèse lourd dans la balance. De plus, la crainte de devoir ralentir ou stopper un parcours professionnel freine particulièrement les femmes. À cela s'ajoutent les difficultés très concrètes du quotidien, de la flambée de l'immobilier dans les métropoles jusqu'à la pénurie de solutions de garde, rendant la vie de famille de plus en plus difficile à articuler avec la vie professionnelle.
Au-delà de ces contraintes matérielles, c'est toute une vision de l'existence qui s'est transformée. La génération Z (les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010) s'éloigne volontiers du traditionnel schéma "premier appartement, mariage et bébé". Comme le souligne l'experte, cette jeunesse porte l'indépendance dans son ADN, privilégiant l'accomplissement personnel par le biais de voyages ou de coupures professionnelles. Le modèle même de la famille nucléaire est remis en question : aujourd'hui, près de 60 % des jeunes ne considèrent plus le mariage ni la parentalité comme des objectifs primordiaux.
Enfin, le contexte environnemental s'est durablement installé dans les consciences. Effrayés par le dérèglement climatique et la perte de biodiversité, 41 % des jeunes se déclarent "éco-anxieux". Les inquiétudes pour l'avenir de la planète sont telles qu'un tiers d'entre eux se dit même prêt à renoncer à procréer, refusant d'accentuer la surpopulation mondiale. Cependant, la sociologue précise que si cette angoisse écologique est un paramètre bien réel, elle vient le plus souvent s'ajouter à des blocages économiques et sociétaux qui restent, au fond, les véritables moteurs de ce changement de cap générationnel.
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