C'est une rupture consommée avec Paris. Christian Clavier, 73 ans, l'un des acteurs les plus populaires du cinéma français, a posé ses valises à Bruxelles il y a 8 ans. Avant cela, il avait déjà quitté la France en 2012 pour s'installer à Londres. Le Brexit l'a poussé à repartir. Direction la Belgique donc, où il a acquis une belle villa avec jardin dans le quartier branché de Saint-Gilles, au sud de Bruxelles, où il vit avec son épouse, la maquilleuse et directrice artistique Isabelle De Araujo.
La raison de ce choix ? Paris, tout simplement. “Paris est devenu invivable”, a-t-il confié au quotidien L'Avenir. L'acteur décrit une capitale paralysée, impossible à vivre au quotidien. “Il m'a déjà fallu une heure et demie pour aller d'un décor à l'autre, à 1,8 km de distance. C'est vraiment très compliqué…”, illustre-t-il. Bruxelles, elle, lui offre le contraire : “C'est très vivable. C'est une ville conviviale extrêmement sympathique.”
L'acteur reconnaît aussi une dimension plus personnelle à ce choix de vie. Célèbre en France au point de ne plus pouvoir mener une existence ordinaire, il respire différemment en Belgique, où il est moins exposé. “Il reste un contact entre les gens qu'il n'y a pas à Paris, où le rapport à la notoriété empêche cela”, a-t-il expliqué dans Le Soir. “C'est très cool de vivre ici. Les Belges sont très sympathiques.”
Ce besoin d'anonymat n'a pas entamé une carrière au contraire toujours très active. On le retrouve ce soir sur TF1 dans Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, le film comique de Philippe de Chauveron sorti en 2014, dans lequel il incarne Claude Verneuil, un père bourgeois catholique dépassé par les gendres de ses filles. Un rôle taillé sur mesure qui lui a valu un succès colossal (et plusieurs suites).
La suite de sa carrière s'écrit depuis Bruxelles, où il tourne régulièrement et où il apprécie le talent des comédiens belges. “J'ai beaucoup écrit. Je m'amuse. J'ai énormément d'admiration pour mes copains acteurs et actrices d'ici. Stéphane De Groodt, Virginie Hocq, Jean-Luc Couchard… Les Belges ont le sens de la dérision”, confie-t-il à Paris Match Belgique.
Une simplicité qui lui rappelle quelque chose de profond. “Je retrouve quelque chose en Belgique qui ressemble à la France de mes parents, cette chaleur du cœur. C'est pour ça que j'y habite”, dit-il. Lucide, il nuance son enthousiasme. “Si on fait des généralités, il y a des gros cons aussi”, a-t-il glissé à Ciné Télé Revue.