Aujourd'hui, il remplit les plus grandes salles de France avec son flegme légendaire et son humour décalé. Mais le chemin vers le succès n'a pas été un long fleuve tranquille pour Paul Mirabel. Invité récemment sur le podcast YouTube de Hugo Clément et Marc Simoncini, l'humoriste s'est livré sur ses débuts inattendus, nés sur les bancs de la fac et sur son année d'études à l'étranger qui a viré au cauchemar.
Nous sommes en mars 2018. À l'époque, le jeune Paul est étudiant en master "Business Consulting" à la Paris School of Business (PSB). Un établissement parisien particulièrement réputé, faisant partie du cercle très fermé des écoles détentrices de la "Triple Couronne" (les prestigieuses accréditations internationales EQUIS, AACSB et AMBA) et dont le Programme Grande École délivre un diplôme très prisé visé par l'État. Mais voilà, malgré le prestige de la formation, le cœur de Paul Mirabel est ailleurs.
Sur le podcast, il raconte le déclic, lié à un concours d'humour étudiant, le Campus Comédie Tour : "Je n'ai pas aimé mes études pour plein de raisons. Mais ça m'a amené à un truc que je ne peux pas enlever, c'est que quand j'étais à l'école, il y a une fille qui me plaisait bien et en même temps je suis tombé sur Internet un soir par pur hasard sur une vidéo d'un mec élu l'étudiant le plus drôle de France. C'est un concours auquel tu pouvais inscrire ton école et ça permettait à des humoristes de jouer leur spectacle dans l'école. Et moi j'ai toujours rêvé de faire ça mais je l'ai jamais assumé et en plus si j'invite cette meuf et que je suis marrant, ça passe".
C'est comme si j'avais quitté une amoureuse
Paul Mirabel se découvre alors une véritable vocation. S'il ne remporte pas la première place du concours, sa décision est prise. Sauf que l'administration et ses parents ne l'entendent pas de cette oreille. "Je suis allé voir mon directeur pour lui dire que j'avais trouvé ce que je voulais faire dans la vie et que je n'avais pas envie de continuer. Et il m'a dit que j'étais obligé de faire ma dernière année à l'étranger pour valider mon diplôme. Je n'étais pas assez avancé pour que mes parents acceptent que je lâche tout donc je suis parti un an à l'étranger et ça ne s'est pas très bien passé", rapporte-t-il.
Et si la destination a de quoi faire rêver n'importe quel étudiant, pour le futur prodige du stand-up, c'est la douche froide. "Sur le papier ça a l'air chouette, j'ai fait un semestre à Miami et un autre au Brésil", concède-t-il, avant de dévoiler les coulisses de ce voyage : "J'étais avec des gens qui sortaient beaucoup, qui prenaient de la drogue et qui jouaient au poker jusqu'à 5h du matin alors que moi j'avais envie d'aller explorer, de découvrir donc on n'était pas du tout dans le même mood et même la scolarité n'était pas passionnante. J'avais de la frustration, j'avais réalisé mon rêve qui était de monter sur scène six mois avant et on m'a dit que pendant 1 an je devrais faire un truc que je n'aimais pas. C'est comme si j'avais quitté une amoureuse. Mais sur le deuxième semestre, j'avais un jour de cours par semaine, et j'ai écris mes premiers sketchs là-bas".
Dès son retour en France, diplôme de sa prestigieuse école en poche, Paul Mirabel ne lâchera plus jamais le micro. La suite, on la connaît.