Le monde du septième art est en deuil. Il y a peu, Nicolas Altmayer et sa compagne Mathilde Favier ont tous deux été emportés dans un dramatique accident. Une perte tragique qui laisse un immense vide, surtout dans le cœur du frère aîné du producteur, Éric Altmayer. Complices à la ville comme en coulisses, les deux hommes formaient un tandem fusionnel. L'occasion de se replonger dans les confidences touchantes d'Éric sur son cadet qui était un véritable pilier pour lui.
À la tête de la puissante société de production Mandarin Films, Éric et Nicolas Altmayer ont régné en maîtres sur le box-office français pendant de nombreuses années. Si le grand public leur doit des succès monumentaux et cultes comme Brice de Nice, OSS 117, Potiche ou encore La Conquête, leur ascension n'a pourtant pas commencé sous les dorures. Issus d'une grande fratrie de six enfants, avec un père agent immobilier et une mère au foyer, rien ne les prédestinait à tutoyer les sommets du show-business. En 2011, dans les colonnes du JDD, Éric se livrait sur ce lien si particulier qui les unissait depuis l'enfance : "Nous étions les deux derniers de la fratrie, avec un petit écart d’âge avec les autres. Ça nous a rapprochés."
Bercés par les incontournables "films du dimanche soir" à la télévision, les deux frères ont développé une passion commune. Après avoir frôlé la faillite à leurs débuts avec trois échecs consécutifs, ils ont uni leurs forces et ont finalement explosé au début des années 2000 avec la comédie Jet Set. Dès lors, la machine à succès était lancée.
Ce qui faisait la véritable force de leur duo, c'était un respect mutuel absolu et une complémentarité à toute épreuve. Chez les Altmayer, il n'y avait pas de place pour les egos surdimensionnés : l'un ne produisait jamais un film sans l'accord de l'autre. Une philosophie de vie résumée avec une grande sagesse par le regretté Nicolas lors de cette même interview : "La volonté de ne pas faire l’emporte sur la volonté de faire. Comme cela, plus tard, en cas d’échec, on ne peut pas se dire : 'Tu vois, je te l’avais bien dit'".
Et chacun jouait sa partition à la perfection. Éric endossait le costume de l'extraverti, le grand optimiste toujours prêt à voir la bouteille à moitié pleine. Nicolas avouait d'ailleurs que son grand frère avait "plus de facilités d'aller vers les autres". Mais en coulisses, Éric savait pertinemment qu'il ne serait rien sans le sérieux et la rigueur de sa moitié. Il confiait pouvoir s'appuyer aveuglément sur Nicolas dès qu'il s'agissait de concrétiser un projet et d'aller "d'un point A à un point B".
Un équilibre parfait qui permettait à leur société de rester "zen" même dans les moments les plus risqués. Aujourd'hui, avec la disparition tragique de Nicolas Altmayer et de Mathilde Favier, c'est l'âme même de ce duo en or qui s'est envolée. Reste le souvenir indélébile d'une fraternité fusionnelle.