Le 14 juillet 2026 ne restera pas gravé comme un jour de fête pour les supporters français. Opposés à l'Espagne en demi-finale de la Coupe du monde, les Bleus se sont inclinés 2-0 au terme d'une prestation très éloignée de leurs standards. Dominée dans tous les compartiments du jeu, l'équipe de Didier Deschamps n'a jamais trouvé les solutions face à une Roja souveraine. Cette élimination marque aussi la fin d'une époque : après quatorze années à la tête de la sélection, Didier Deschamps dirigera samedi son dernier match avec les Bleus, avant de potentiellement céder sa place à Zinédine Zidane, comme le dit la rumeur qui court depuis des mois.
Quelques heures après cette désillusion, une phrase d'Albert Camus, auteur à succès et passionné du ballon rond - il a même été gardien de but Junior du Racing Universitaire Algérois du temps de l'Algérie française -, semble trouver un écho particulier : "Tout ce que je sais avec le plus de certitude sur la morale et les obligations des hommes, c'est au football que je le dois." L'auteur de La Peste voyait dans ce sport bien plus qu'un simple jeu. Pour lui, le football parlait de solidarité, de responsabilité et d'humilité. Trois notions qui se sont invitées dans les réactions françaises après la rencontre. Aucun discours triomphaliste, aucune excuse : seulement le constat d'une Espagne supérieure.
Les premiers à reconnaître les limites du soir ont été les joueurs eux-mêmes. "Je pense qu'on n'a pas fait le match qu'on voulait faire, que ce soit tactiquement, que ce soit même techniquement, que ce soit dans le niveau global qu'on a fourni. Et quand tu ne fais pas ce que tu es censé faire dans une demi-finale de Coupe du monde, tu ne gagnes pas", a reconnu Kylian Mbappé. Même constat du côté de Rayan Cherki, entré sur le terrain à la 72e minute : "Ils ont été meilleurs que nous dans tous les compartiments du jeu..."
Didier Deschamps, lui, a refusé de réduire son mandat à cette soirée américaine. "La déception est là (...). Mais il ne faut pas balayer tout ce qui a été bien fait. (...) Il faut accepter la défaite et la victoire de l'Espagne. C'est le très haut niveau", a-t-il déclaré. Une sortie à son image, empreinte de lucidité et de dignité. Champion du monde en 2018, finaliste en 2022 puis demi-finaliste en 2026, l'entraineur quitte les Bleus après avoir profondément marqué leur histoire. Désormais, une nouvelle page s'apprête à s'écrire avec son successeur. Une transition qui rappelle que, dans le football comme dans la vie, chaque fin est aussi le point de départ d'un nouveau chapitre.
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