Depuis plusieurs années, Christine Lagarde jongle avec les taux d'intérêt mondiaux. Mais avant de devenir la femme politique incontournable que l'on connaît, elle était une véritable rockstar du barreau aux États-Unis. Première femme au monde à diriger le prestigieux cabinet d'avocats d'affaires Baker McKenzie à Chicago, elle menait grand train. Jusqu'au coup de fil qui a tout changé.
Au micro de Maïtena Biraben, pour son émission Youtube Mesdames, elle raconte avec franchise comment sa carrière politique a démarré par un immense sacrifice financier. "On est toujours venu me chercher. J'ai répondu à des appels, j'ai souvent pris des risques ce faisant. Parce que dans beaucoup de situations, j'abandonnais un certain confort", confie-t-elle. Et en effet, en 2005, la France l'appelle. Il lui est proposé d'entrer au gouvernement. Un honneur absolu, mais non sans conséquences financières. Celle qui gère aujourd'hui l'économie de toute la zone euro n'y va d'ailleurs pas par quatre chemins pour décrire sa décision de l'époque.
"Quand j'ai quitté les Etats-Unis pour revenir en France, c'était totalement idiot sur le plan économique. C'était à l'époque où je dirigeais un gros cabinet d'avocats. J'ai été 25 ans dans le secteur privé et j'étais dans une situation extrêmement confortable. Un patron de grand cabinet d'avocat, il gagne beaucoup d'argent, il est arrivé au sommet de sa réussite et il a réussi à trouver beaucoup de clients", rappelle-t-elle.
Néanmoins, face à l'idée de devenir Ministre déléguée au Commerce extérieur dans le gouvernement de Dominique de Villepin, Christine Lagarde ose ce pari un peu fou, lequel s'avérera être le tremplin d'une vie. Car après un bref passage à l'Agriculture, elle marque l'Histoire en 2007 en devenant la première femme ministre de l'Économie et des Finances d'un pays du G8, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. La suite ? Un envol pour Washington en 2011 où elle prend la tête du Fonds Monétaire International (FMI) pendant huit ans, avant d'être sacrée en 2019 présidente de la Banque centrale européenne (BCE).