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Charlie (Koh-Lanta) violée, battue et maltraitée en foyer : "Il y a une omerta"

Trois ans après sa participation à "Koh-Lanta" (TF1), Charlie sort son autobiographie, "Jacques a dit... suce !". Un livre dans lequel la jeune femme raconte les viols, les coups et autres horreurs dont elle a été victime durant les dix-huit années qu'elle a passées en foyer.

Derrière l'assurance de Charlie Vincent, révélée en 2016 dans Koh-Lanta Thaïlande (TF1), se cache un lourd parcours de vie. Dès sa naissance, la jeune femme a été placée à DDASS. Pendant dix-huit ans, l'aventurière a vécu l'horreur en foyer. Elle raconte son histoire, entre viols et maltraitances, dans son autobiographie Jacques a dit... suce ! (éditions du Panthéon). Pour Purepeople.com, Charlie se livre à coeur ouvert.

Pourquoi ce titre, Jacques a dit... suce ! ?

En fait, c'est le titre d'un chapitre et je le trouvais parfait en titre du livre parce qu'il est évidemment choquant, brutal. Il est sans concession et pas confortable. Le but, c'était non pas de choquer pour choquer, de scandaliser pour scandaliser et encore moins de racoler, mais plutôt de retranscrire l'atrocité du contenu du livre dans son exactitude, sans la tiédir. C'est une bio, pas une fiction. Et le contenu, c'est en partie des viols.

Vous racontez avoir été violée en foyer pendant deux ans, dès l'âge de 9 ans. Comment cela a-t-il pu arriver pendant si longtemps ?

C'est très très long, deux ans, trop long. Une fillette ne peut pas se faire violer tous les jours par trois ados différents sans que ça se sache. Donc évidemment, tout le monde savait, ça chuchote, ça murmure... Les éducateurs préféraient fermer les yeux et ne pas voir.

Comment votre calvaire a-t-il pris fin ?

C'est le plus jeune des adolescents du groupe dans lequel j'étais – que des ados de 15 ans plus tordus les uns que les autres – qui a dénoncé les faits. Je l'appelle Snake dans le livre, il avait 13 ans. Il a balancé à table avec ses mots d'adolescent que des garçons venaient dans mon lit la nuit me faire du mal. Comme ça a été dit devant tout le monde, le Pape, l'éducateur spécialisé qui savait et a couvert bon nombre de violences durant des années, n'a eu d'autres choix que de réagir. Il m'a emmenée au commissariat, il y a une plainte, un procès. La commissaire m'a sauvé la vie, c'était la première fois qu'on me disait que je n'étais pas coupable. J'ai tout dit, la machine judiciaire s'est mise en place.

Une fillette ne peut pas se faire violer tous les jours sans que ça se sache

Quel sort a été réservé à vos trois agresseurs ?

L'agresseur principal, Voldemort, a pris cinq ans de sursis parce qu'il était mineur et que la loi est mal faite. Je n'étais pas présente sur place, j'ai lu le rapport dans mon dossier. C'est le Pape qui avait imposé mon absence. Il a fait ce choix pour essayer de se sauver et de sauver l'institution et il a réussi. Il a aussi dit que le gamin avait du potentiel malgré tout, ça a aidé... Voldemort est parti en centre de redressement jusqu'à sa majorité. Comme je le dis dans le livre, il est un futur serial violeur, killer. L'ado avait vraiment un problème dans sa tête, tout le monde le savait. J'espère qu'il a volé un oeuf et qu'il est en prison ! Pour les deux autres, je ne sais pas ce qu'il en est advenu si ce n'est qu'un jour, deux semaines plus tard, je rentre de cours et ils ne sont plus là. Ils ont, je suppose, été changé de foyer, mais je n'ai jamais posé de questions. Tout ce que je voulais, c'est qu'ils disparaissent.

Après ces viols, vous avez été victime de deux agressions sexuelles...

Oui... À mes 11 ans, un éducateur s'est glissé dans mon lit. Il m'a embrassée et touchée un peu partout. Il s'est arrêté là parce qu'il a entendu du bruit. D'ailleurs, quelques jours plus tard, lui aussi on ne le reverra jamais. Je pense qu'on s'est rendu compte qu'il avait un penchant pour les petits enfants. C'est une agression bien moindre que ce que j'ai vécu avant, mais quand il se passe ça, je me dis que ça ne s'arrêtera jamais. Je me dis : " Mais c'est ça, ma vie ?" Et puis une autre fois, je suis gamine, je fais une promenade avec le beau-frère du Pape et son chien dans le parc. Il passe son bras au-dessus de mon épaule et touche ma poitrine. Je suis tétanisée, je ne sais pas quoi faire et j'ai juste envie de crever. Je me dis que ça va continuer comme ça jusqu'à la mort.

Comment tout cela a-t-il pu arriver au foyer, structure censée protéger les enfants ?

En fait, on est en plein dans tous les manquements typiques au milieu des foyers. Les éducateurs sont dépassés et souvent jeunes, on embauche des gamins de 20 ans. Je prends l'exemple du documentaire de Lyes Louffok : un journaliste se fait passer pour un mec qui a de la bonne volonté et est pris ! La plupart des éducateurs sont des gens comme ça et ce n'est pas possible. Nous, les enfants de foyers, avons vécu des drames et ne pouvons pas être encadrés par des éducateurs qui n'ont aucune formation, aucun background. Ce n'est pas de leur faute, mais c'est incompatible. C'est déjà une piste qui explique comment on peut laisser faire... D'autres voient les choses, mais n'ont pas forcément envie de les voir ou d'agir. Et les quelques courageux qui parlent se font limoger. Et puis il ne faut pas oublier que le viol, ça touche au corps et c'est l'un des plus gros tabous au monde. Il y a une omerta autour de ce crime. Rien ne sort et c'est encore plus vrai concernant les enfants de foyers, car tout le monde s'en fout, ça n'intéresse personne. Ce désintérêt de la population exacerbe le laisser-aller des éducateurs.

En foyer, les éducateurs sont dépassés et souvent jeunes

Vous avez également été confrontée au suicide de votre maman lorsque vous aviez 8 ans. Est-ce qu'un jour, on se remet d'un tel drame ?

On ne s'en remet jamais. On compose avec. En plus pour le coup, le suicide est particulièrement violent, elle s'est jetée du 5e étage. On apprend à vivre avec. On est marqué au fer rouge, on est plus fort, mais on ne peut pas se remettre d'un tel drame, c'est impossible.

En voulez-vous à votre père qui n'est revenu vous voir que quatre ans après ?

Mes parents, je les voyais une fois par an, voire une fois tous les deux ans depuis la naissance, et je ne suis absolument pas empathique en disant ça, c'est la vérité. J'avais la haine. Comme dans le film Les Choristes, j'étais la petite fille qui attendait au portail que ses parents viennent la voir... et ils ne viennent pas. Et quand ma mère a sauté, mon père a coupé les ponts pendant quatre ans, au moment où j'ai eu le plus besoin de lui. Ça a été très rude. Il a débarqué quand j'avais 12 ans. Je lui en ai voulu à mourir de ne pas venir me voir, j'ai eu la rage. Je suis fille unique, je n'ai pas de tante, ni d'oncle non plus. Mais je l'aime quand même parce que je n'oublie pas, du haut de mes 12 ans, que lui a perdu sa femme et qu'il gère sa peine à sa façon. Je suis un dommage collatéral.

Vous avez dit que vous auriez dû être morte avec tout ce que vous avez subi...

Je n'aime pas en parler, car même si je suis extravertie, je suis très pudique, mais je vais le dire : j'ai été une enfant battue. De mes 5 ans à mes 18 ans, j'ai été placée dans une famille de parrainage de cinglés. La mère me défonçait ma petite gueule. Dans le livre je raconte des scènes de violences terribles. Ça a duré toutes ces années. Donc de par ces maltraitances très rudes, très violentes, j'aurais dû y passer plusieurs fois. Quand on regroupe tous ces drames : les violences, les viols qui ont duré deux ans – ça fait beaucoup de viols –, le suicide et d'autres choses que je raconte qui ne laissent aucune respiration sur une période de dix-huit ans...

Je suis un dommage collatéral

Où avez-vous trouvé la force de vous en sortir ?

Je pense que c'est dans mon tempérament et j'ai aussi eu à vivre ça dès ma naissance. Dès tout petit, on arrive à comprendre ce qu'on vit et on fait un choix, même si jeune. Soit on s'adapte et on fait au mieux, on devient résistant, on s'accroche, on pense au lendemain qu'on espère tellement meilleur ; soit on baisse les bras dès le début et on se laisse aller. C'est un choix que j'ai eu à faire très tôt.

Vous avez dit ne pas avoir raconté ces drames au psychologue de Koh-Lanta. Pourquoi ce choix ?

On n'est pas dans Confessions intimes. Je participe à Koh-Lanta parce que c'est l'aventure, je n'ai absolument pas envie de raconter ma vie. Je suis pudique et surtout pas des événements comme ceux-là, si durs. Ce n'est pas le propos, c'était pour faire Koh-Lanta, pas besoin de savoir ce que j'ai vécu.

Aujourd'hui, où en êtes-vous ?

Là, tout de suite, je ne passe plus de casting, je me suis vraiment mise sur le livre. Ça demande beaucoup d'énergie, c'est plutôt chronophage. Et à côté de ça, je travaille comme hôtesse pour payer mon loyer. Je ne pouvais pas tout faire. Mais j'ai pour idée, et j'espère que ça me permettra d'entrer dans le cinéma d'une manière nette et noble, de faire adapter mon livre au cinéma.

Quel message souhaitez-vous transmettre ?

Un message pour tout le monde : dans la vie, il n'y a pas de déterminisme. On n'a pas tous les mêmes chances de base, c'est une réalité. Mais si on veut s'en sortir, on peut. Rien n'est impossible, ce n'est pas une phrase cliché. N'oublions pas que même si tout est possible, les difficultés ne sont pas annihilées, il faut se bouger le cul très fort et souvent plus fort que ceux qui sont partis avec plus de chances.

Contenu exclusif ne pouvant être repris sans la mention de Purepeople.com.

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