Des années passées à Paris et à la télévision ont certes adouci le chantant de son accent, mais Jean-Pierre Foucault, né il y a tout juste 78 ans, ce 23 novembre 2025, à Marseille, n’a jamais fait mystère de ses origines. "À Paris, je défends toujours Marseille", lançait-il en 2011 à nos confrères de La Provence, une façon de reprendre à son compte, sans le citer, le célèbre adage du club de foot de la cité phocéenne "fier d’être Marseillais". "J’ai la clé de la mer et ça, c’est merveilleux", déclarait-il, un brin poète, à ces mêmes confrères. Une clé qui, depuis toujours, lui ouvre les portes du grand bleu.
Car de son enfance, passée au Lapin Blanc dans le quartier de Bonneveine, situé au sud de Marseille, à aujourd’hui où il coule des jours heureux dans sa villa de Carry-le-Rouet, il a toujours eu la Méditerranée pour horizon. "Je me pose, je respire un grand coup car j’ai besoin de sentir l’iode, de recharger mes accus. Je vois le Planier -NDR un phare au large- qui clignote et, au loin, Marseille. C’est la plus belle vue du monde tous les jours" se réjouissait l’animateur, qui passe désormais le plus clair de son temps dans le Sud avec son épouse Évelyne, un couple à la longévité rare dans ce milieu de la télé.
"Vous voulez vraiment savoir comment Jean-Pierre est arrivé à Carry-le-Rouet ? Patientez, je vais demander à quelqu’un qui, s’il est d’accord, va tout vous raconter…" Après nous avoir dit tout le bien qu’il pensait de l’un de ses plus célèbres administrés, dans un élan de spontanéité généreuse dont peuvent être coutumiers les Méridionaux, René-Francis Carpentier, le maire de la commune des Bouches-du-Rhône où l’animateur a posé ses valises il y a plusieurs décennies, nous recontacte deux minutes plus tard. "Appelez ce numéro, c’est celui de Claude Moreau. C’est le meilleur ami de Jean-Pierre, il va tout vous expliquer…"
Claude et Jean-Pierre se sont connus au lycée et ne se sont jamais quittés. Une indéfectible amitié qui s’est nouée autour d’une passion commune pour la radio, média que Jean-Pierre continue de chérir, mais aussi pour cette région qui les a vus grandir. "Je ne pouvais pas me passer de lui, alors je l’ai fait venir à côté de moi…", résume Claude Moreau, âgé d’un an de plus que son copain, avant de raconter comment ils sont passés d’amis à voisins.
Quand le père Foucault a vu ça, il n’a pas hésité une seconde. Il a signé quasi tout de suite et il a fait bâtir sa maison.
"Il s’avère que je possède, de très longue date, une maison à Carry-le-Rouet, commence-t-il. Or, il y a un peu plus de 30 ans, le terrain jouxtant le mien s’est libéré et il était à vendre, c’est un terrain dont l’entrée est commune à celle de ma propriété. Je me suis dit qu’il valait mieux avoir un copain à côté. J’appelle aussitôt Jean-Pierre et je lui dis: "Prends un zinc et rapplique". Il est venu tout de suite. Il a vu l’endroit. Un endroit incroyable. On a les pieds dans l’eau. Je me demande parfois si je mérite d’habiter dans ce paradis. Mais bon, tant mieux pour nous. Quand le père Foucault a vu ça, il n’a pas hésité une seconde. Il a signé quasi tout de suite et il a fait bâtir sa maison. Il n’y a même pas de mur entre chez lui et chez moi. On a deux voiturettes de golf et on se balade d’une maison à l’autre. Il me réveille en venant boire le café. Ou je passe chez lui. À l’occasion, on descend en moto faire un tour au port, voir si notre bateau, qui y est amarré, n’a pas bougé. C’est une aventure et une amitié de dingue…"
L’amitié, même si elle est moins ancienne, Jean-Pierre, qui a connu quelques ennuis de santé ces dernières années, la partage aussi avec René-Francis Carpentier, le premier magistrat de Carry-le-Rouet.
"Pour lui, l'amitié, ce n’est pas un vain mot, nous assure l’édile. Il est extrêmement fidèle. Quand il donne sa parole, on peut être sûr qu’il fera ce qu’il a dit. Depuis le temps que je le connais, je peux vous garantir que le Foucault sympathique et bienveillant qu’on voit à la télé est le même que celui qu’on voit tous les jours chez nous, quand il va acheter sa viande, son pain ou son journal. Malgré toutes les stars qu’il a croisées dans sa carrière, il a su rester simple, toujours disponible pour poser pour une photo, toujours présent lorsqu’on le sollicite pour participer à un événement de la commune, même avec mes prédécesseurs. Le dernier en date, c’était l’inauguration du Camera, la barque que possédait ici Fernandel, autre gloire locale."
Et l’homme politique de poursuivre: "Croyez-moi, je ne l’encense pas par flatterie mais parce que c’est un homme juste, qui a des qualités de cœur exceptionnelles, un type formidable. Je ne l’ai jamais entendu dire du mal de quelqu’un", poursuit le maire de la ville, qui affirme ne lui connaître que peu d’ennemis, "si ce n’est des jaloux".
Mais gare à ceux qui voudraient ou feraient du mal à ceux qu’il aime… "Il est capable de grosses colères", prévient M. Carpentier, qui conclut en racontant comment cette amitié s’est muée en soutien politique: "Jean-Pierre n’en a jamais fait, souligne l’élu. C’est un contrat moral qu’ont les stars de télé. Eh bien cela ne l’a pas empêché de venir s’afficher au marché avec un néo-candidat comme moi à quelques jours du deuxième tour des dernières municipales."
Encore une histoire d’amitié, dans cette ville de Carry-le-Rouet où Jean-Pierre Foucault a même pu exercer ses talents d'acteur...
Propos exclusifs ne pouvant être repris sans la mention Purepeople
player2
player2
player2