Le dossier autour de l’héritage de Michael Lonsdale connaît finalement son dénouement. Ce mardi 29 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Anne Facérias Hervouët des Vignes et son mari Daniel Facérias dans l’affaire d’abus de faiblesse visant l’acteur franco-britannique, mort en septembre 2020 à l’âge de 89 ans. Le couple, proche du comédien depuis plusieurs décennies et engagé avec lui dans des projets artistiques liés à la foi catholique, était jugé fin juin à Paris.
Comme le rapporte l'AFP, la peine la plus lourde a été prononcée contre Anne Facérias Hervouët des Vignes. Elle a été condamnée à un an et huit mois de prison avec sursis pour abus de faiblesse et abus de confiance. Le tribunal l’a notamment reconnue coupable d’avoir commis des "actes gravement préjudiciables pour" Michael Lonsdale. Au cœur du dossier figurent plusieurs chèques ainsi que trois testaments manuscrits rédigés par l’acteur à la fin de l’année 2019. Dans ces documents, la Diaconie de la Beauté, association lancée en 2012 par Anne et Daniel Facérias autour des liens entre art et foi, était désignée légataire universelle. Les neveux et la nièce du comédien se retrouvaient ainsi déshérités. Pour le tribunal, Anne Facérias et son mari "avaient parfaitement connaissance de l'état de vulnérabilité et de la situation de faiblesse" de Michael Lonsdale. L’acteur connaissait alors une dégradation de son état de santé, marquée notamment par des pertes de mémoire et des confusions temporelles rapportées au cours de l’enquête. Le couple avait parallèlement pris une place croissante dans son quotidien. Le tribunal relève d’ailleurs qu’Anne Facérias avait expliqué "sa présence accrue voire constante à compter de 2018 auprès du comédien par cette vulnérabilité".
Anne Facérias a également été condamnée pour abus de confiance. Elle a notamment été reconnue coupable d’avoir effectué 34 virements du compte de la Diaconie de la Beauté vers son propre compte, pour un montant d’au moins 90 000 euros. Son mari, Daniel Facérias, a quant à lui été condamné pour recel d’abus de faiblesse et d’abus de confiance. Le tribunal a également sanctionné les structures liées à l’association : la Diaconie de la Beauté devra verser 20 000 euros d’amende, tandis que le fonds de dotation qui lui est lié a été condamné à 40 000 euros d’amende. Cette décision intervient après un procès durant lequel la défense avait contesté l’existence d’une emprise sur Michael Lonsdale. Le parquet avait, de son côté, requis en juin dix mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende contre Anne Facérias, ainsi que huit mois avec sursis et 15 000 euros d’amende contre son époux.
L’affaire trouve son origine dans une relation ancienne. Michael Lonsdale avait rencontré le couple dans les années 1980 et avait ensuite collaboré avec Anne et Daniel Facérias sur plusieurs spectacles et projets autour de la spiritualité. En 2012, ils avaient notamment créé la Diaconie de la Beauté, à laquelle l’acteur était profondément attaché. Mais à mesure que son état de santé se dégradait, les interrogations autour de ses dernières volontés se sont multipliées. Un testament établi en 2018 prévoyait encore une répartition de son patrimoine entre sa famille et plusieurs organismes caritatifs. Les documents manuscrits de 2019 ont ensuite profondément modifié cette répartition, au profit de la Diaconie. Figure majeure du cinéma et du théâtre, Michael Lonsdale avait notamment marqué les esprits dans Le Nom de la rose, Moonraker et Des hommes et des dieux, pour lequel il avait remporté le César du meilleur acteur dans un second rôle en 2011. Six ans après sa disparition, son héritage se retrouve donc au cœur d’une affaire judiciaire désormais tranchée en première instance.