Alors que la capitale étouffe sous une canicule historique, Jonathan Anderson a trouvé la parade : avancer le réveil de quelques heures pour fuir le brasier ! Le rendez-vous a ainsi été donné à 9 h, ce mercredi 24 juin, pour découvrir la collection masculine Printemps-Été 2027 de la maison Dior. De nombreuses personnalités avaient répondu présent à cette invitation matinale, notamment Jimin, du groupe coréen BTS et ambassadeur de la maison, mais aussi Louis Garrel ou encore Drew Starkey. C'est dans l'écrin majestueux du Musée Nissim de Camondo, chef-d'œuvre architectural inspiré du Petit Trianon, que les mannequins ont défilé avec des tenues plus emblématiques les unes que les autres.
Pour cette collection, Jonathan Anderson a signé une mélodie malicieuse, un savoureux grand écart entre les hits du chic classique et la rébellion du vestiaire contemporain. Dès les premiers passages, les silhouettes ont brouillé les frontières et mêlé les genres avec une grande justesse. Les mannequins portaient ainsi trois impeccables costumes croisés repensés en soie transparente, suivis d'une proposition inattendue : des pyjamas d'intérieur coupés dans une robuste toile de coton workwear.
Aucun tabou n'a résisté à l'esprit libre de la collection. Le vocabulaire sophistiqué de la maison s'est encanaillé de détails d'argot : les vestes de smoking s'achevaient en franges, les peignoirs se muaient en pardessus du quotidien, et l'écharpe de gala s'aventurait sur le terrain du denim. Si les cols hauts et les nœuds papillon étaient toujours de la partie, ils étaient chahutés par des usures et des déchirures maîtrisées. Côté concept, le créateur a filé la métaphore musicale du sampling (l'échantillonnage) pour donner "un nouveau sens à ce que l'on connaît déjà", comme il l'a souligné dans sa note d'intention.
Le grand jeu du trompe-l'œil a fini de faire le show. En point d'orgue de cette démonstration d'équilibriste, de superbes motifs reproduisant en noir un foulard issu des archives Haute Couture Dior de 1979 sont venus se poser sur les silhouettes. Une collection ni trop familière, ni parfaitement singulière, qui a su rafraîchir avec brio les heures les plus ardentes jamais vécues à Paris.
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