Golshifteh Farahani est de retour au cinéma pour l’adaptation du best-seller Lire Lolita à Téhéran. Forte d'une grande carrière à seulement 41 ans, l'actrice a franchi toutefois une étape avec ce long métrage d'Eran Riklis : elle a renoué avec sa langue maternelle, le farsi. Pour ELLE, la comédienne née à Téhéran et exilée en France se confie sur des choses très personnelles comme sa vision de l'amour.
Ce n'est pas dans son foyer qu'on parlait d'amour, mais cela n'a pas empêché Golshifteh Farahani de le voir, notamment à travers les lectures de son père et même dans son prénom : "Mon prénom signifie la fleur qui est amoureuse (gol), prise et éprise, hypnotisée par l’amour (shifteh). L’Iran est un pays où on aime l’amour, notre poésie ne parle que de ça." Est-elle amoureuse aujourd'hui ? L'ancienne compagne de Louis Garrel - ce dernier est désormais marié à Laetitia Casta - clame adorer être amoureuse et avoir appris à s'aimer elle d'abord : "J’adore être amoureuse. Là, je suis tombée follement amoureuse de moi-même, de mes pieds, de mes mains, je les trouve magnifiques, j’ai envie de les embrasser ! C’est la plus belle forme d’amour, celle qu’on a pour soi."
Le résultat d'une longue thérapie pour surmonter les traumas hérités de sa mère et sa grand-mère, ainsi que de l'actualité complexe de l'Iran mais aussi "une histoire d’amour impossible et étouffante" qu'elle a vécue et dont elle ne dira rien de plus. Elle a ressenti un déclic lors de son voyage en Amazonie, partie seule au fin fond de la jungle. "Les gens là-bas sont très sophistiqués dans l’âme, ils travaillent avec des plantes médicinales et font un travail spirituel. Ce sont des sortes de Jedi. On ne se comprenait pas, mais on se sentait. Il suffisait juste que je n’oublie pas de respirer et que je m’abandonne. Ce voyage m’a bouleversée, je suis revenue à la vie", raconte l'héroïne de Mensonges d'Etat. "Si on se perd dans le noir, on finit par être avalé par l’obscurité. Nous sommes des êtres humains, et moi j’avais oublié d’être", poursuit-elle.
Recentrée sur elle-même, Golshifteh Farahani se sent prête à partager son amour. "J’ai une fibre maternelle en moi, je suis née mère, je m’occupe des gens comme une mère, j’aimerais être une mère, biologiquement, mais j’ai aujourd’hui 41 ans", admet l'artiste. Ce qu'elle se souhaite avant tout, c'est d'être apaisée.
Golshifteh Farahani fait la couverture du magazine ELLE pour son édition du 13 mars 2025, un exercice où elle excelle depuis longtemps grâce à son charisme et sa photogénie mais parfois, ce n'est pas une simple séance photo. Montrer son corps n'est pas un acte anodin car "il a vécu le harcèlement, le hijab et la culpabilité lorsque sont arrivés les désirs sexuels". "Un corps qui a dit : 'Mais lâchez-moi !' On dirait que plus les hommes ont le pouvoir sur nos corps, plus ils croient qu’ils ont de grandes couilles ! Quand j’ai fait les photos nues pour Égoïste, je ne me suis pas déshabillée, moi. Ce sont eux que j’ai déshabillés, car ils n’avaient plus de pouvoir sur moi", explique l'artiste dans son interview d'ores et déjà disponible sur le site Elle.
© DR
Un regard sans concession sur les hommes en Iran mais cela ne l'aveugle pas sur le comportement des hommes ailleurs. Les vieux pervers existent dans tous les pays. "Cela arrange beaucoup de monde de dire : 'Regardez comme c’est terrible en Iran, en Afghanistan ou au Congo.' Ça leur permet de ne pas regarder les violences à l’intérieur de leur maison", explique-t-elle avec fermeté. Ce qui ne l'a met pas en opposition avec le genre masculin, adorant les hommes, ses amis, ses frères. Elle souligne aussi le combat des siens chez elle : "Ce que j’aime en Iran, c’est que des hommes se battent pour les femmes et meurent pour elles."
Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le magazine ELLE du 13 mars 2025
Lire Lolita à Téhéran, en salles le 26 mars 2025
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