Depuis plusieurs mois, le conflit entre Anouchka Delon et ses frères Anthony Delon et Alain-Fabien Delon se règle désormais devant la justice. Au cœur de l’affaire : la diffusion d’un enregistrement privé entre la fille de l’acteur et leur père Alain Delon, capté à son insu dans la propriété familiale de Douchy. À l’audience, comme l’a rapporté l’AFP, Alain-Fabien Delon a tenu à justifier son geste, affirmant avoir agi pour “protéger son père”. “J’entends que je salis (son) image (…) Je fais tout pour honorer la mémoire de mon père qui ne pouvait pas se défendre à la fin de sa vie”, a-t-il déclaré à la barre. Dans cet enregistrement daté du 5 janvier 2024, diffusé lors de l’audience, on entend notamment Anouchka Delon dire : “On est en train de te prendre pour un débile (…) et moi une conne qui manipule son père”, évoquant aussi la crainte d’une mise sous tutelle.
Mais dans cette affaire, Anthony Delon, absent à l’audience car en tournage en province, a lui aussi tenu à faire connaître sa position à travers une déclaration. “Je ne désire pas être défendu aujourd’hui (…) mon combat est terminé”, a-t-il expliqué par le biais de sa défense, estimant que celui-ci avait pris fin avec la disparition de leur père, le 18 août 2024, dans sa maison de Douchy. Il a également insisté sur sa volonté de ne pas attiser davantage les tensions : “Je ne désire pas non plus qu’un avocat tienne des propos incendiaires (…) à l’égard d’Anouchka”, refusant d’alimenter un conflit qu’il juge délétère. Soucieux de préserver l’image de sa famille et la mémoire de l’acteur, il a ajouté : “Cela fait du tort à notre famille, ainsi qu’au nom de mon père.” Avant de conclure : “Je considère que cette procédure n’a plus lieu d’être (…) nous sommes les garants de la mémoire de notre père (…) et ce qui se passe aujourd’hui est à l’opposé de cette démarche de dignité.” "J'ai d'ailleurs après cela retiré la seule plainte que j'avais déposé et ce contre ma soeur, pour propos diffamatoires", a-t-il également précisé.
Une séquence explosive qui illustre à quel point les tensions étaient déjà vives autour de l’état de santé de l’acteur, affaibli depuis son AVC en 2019. À l’époque, Anthony et Alain-Fabien Delon soupçonnaient leur sœur de dissimuler des informations médicales et de vouloir transférer leur père en Suisse, tandis qu’elle assurait agir pour lui permettre de continuer à être soigné. Depuis la disparition de la légende du cinéma, le conflit s’est intensifié, notamment autour du testament de droit suisse, contesté par le cadet. Une procédure qui se poursuit désormais sur plusieurs fronts judiciaires, entre la France et la Suisse.
Et dans cette bataille familiale déjà très médiatisée, Anouchka Delon a décidé de contre-attaquer sur le terrain financier. Selon les informations de RTL, elle ne réclame pas moins de 65 000 euros de dommages et intérêts à Alain-Fabien Delon pour l’enregistrement et la diffusion de la conversation privée, et 50 000 euros à Anthony Delon pour avoir relayé cet extrait sur Instagram. Lors de l’audience du 17 mars 2026 au tribunal de Paris, Alain-Fabien Delon - le seul présent à l'audience - est revenu sur le contexte dans lequel il a enregistré cette séquence, décrivant un “climat anxiogène” au sein de la maison de Douchy, où il accompagnait son père en fin de vie. Il a raconté avoir dissimulé son téléphone dans une serviette pour capter l’échange, avant de le publier quelques jours plus tard.
Interrogé sur cette diffusion, il a répondu avoir fait “ce qui lui semblait juste". Il a même déclaré à l'audience "un employé m'a menacé de mort sur ordre de ma sœur". D'ailleurs, les différents journalistes présents dans la salle on pu observer qu'il portait un gilet pare balles et était accompagné d'un garde du corps ! En face, les avocats d’Anouchka Delon ont insisté sur le préjudice subi par leur cliente, exposée publiquement et décrite, selon eux, de manière particulièrement négative dans l’opinion. Ils demandent également que la décision de justice, attendue le 3 juin prochain, soit publiée directement sur les réseaux sociaux des deux frères. Une demande qui illustre à quel point cette affaire dépasse désormais le cadre strictement familial pour se jouer aussi sur le terrain médiatique, sous le regard attentif du public.