Devenir père change un homme, mais le devenir une seconde fois transforme parfois la manière d'envisager l'éducation. À l'affiche du film Jean Moulin, réalisé par László Nemes, Gilles Lellouche a profité d'un entretien accordé au magazine Version Femina pour évoquer sa vie de famille. Loin des plateaux de tournage, le comédien et réalisateur de L'Amour ouf partage son quotidien entre ses deux enfants : son aînée, Ava, née de son ancienne relation avec l'actrice Mélanie Doutey, et son fils cadet, âgé de 4 ans, né de son union avec sa compagne Alizée Guinochet. Avec le recul, l'acteur porte un regard plein de lucidité et d'autodérision sur la façon dont son rôle de père a évolué. Entre les inquiétudes ressenties à la naissance de sa fille et l'attitude beaucoup plus permissive qu'il adopte aujourd'hui avec son fils, le contraste est saisissant.
La première paternité s'accompagne souvent de doutes et de questionnements. Une période dont le cinéaste se souvient lorsqu'il évoque la naissance de son aînée, survenue à un moment particulièrement chargé de sa carrière : "Quand ma fille Ava est née, j'avais 38 ans et je tournais beaucoup. J'avais peur de ne pas être à la hauteur, de mal faire, de ne pas être assez disponible pour elle." Pour son fils, né plus d'une décennie plus tard, les choses se sont déroulées différemment. Fort de cette première expérience, le comédien aborde désormais son rôle de père avec davantage de sérénité, quitte à se montrer un peu moins strict : "Pour mon fils, je suis plus apaisé, plus présent, mais aussi plus laxiste ! À 4 ans, il fait la loi, mais j'en profite parce que je sais maintenant que la petite enfance passe vite." Une confidence pleine de tendresse qui traduit son envie de profiter de ces années précieuses auprès de son petit garçon.
Cette attitude plus souple ne l'empêche pas de rester attentif à l'avenir de sa fille. Désormais adolescente, Ava s'intéresse à l'univers du cinéma, dans lequel elle a grandi grâce aux carrières de ses deux parents. Interrogé sur les éventuelles envies de comédie de la jeune fille, Gilles Lellouche reconnaît que cet univers la fascine : "Elle est assez fascinée, et c'est normal, entre sa mère et moi, elle a toujours baigné dans ce milieu. Quand elle est venue sur le tournage de L'Amour ouf, à 14 ans, et qu'elle a fait de la figuration au milieu des autres enfants, elle a vu une sorte d'univers idéal." Pour autant, le réalisateur ne souhaite pas lui ouvrir les portes du métier trop rapidement ni influencer ses décisions : "Mais je ne lui donne pas de rôle parce que je ne souhaite pas lui dicter de choix. C'est un travail si difficile qu'il ne faut pas seulement être passionné, il faut être totalement habité. On doit être fou de ce métier pour réussir à y survivre."
Entre son envie de profiter pleinement de l'enfance de son fils et sa volonté de laisser sa fille trouver sa propre voie, Gilles Lellouche aborde aujourd'hui la paternité avec davantage de recul. Une évolution qu'il évoque avec humour, sans cacher les interrogations qui ont accompagné ses premiers pas de père.