Gilles Lellouche n’a pas seulement parlé de cinéma sur le plateau de Quotidien. Venu défendre Moulin, un film consacré à la figure de Jean Moulin et à son engagement dans la Résistance, le comédien a profité de son passage dans l’émission de Yann Barthès pour aborder des questions en plein cœur de l’actualité. Lui-même père d’une adolescente de 17 ans, Ava, née de son histoire avec Mélanie Doutey, l’acteur s’est exprimé entre inquiétudes pour la démocratie et place accordée aux jeunes générations.
Au début du mois d’octobre, c’est au Panthéon à Paris qu’une présentation du film devant des lycéens avait été organisée. Un lieu hautement symbolique pour découvrir une œuvre consacrée à l’un des grands visages de la Résistance française. Interrogé sur la réaction des adolescents, Gilles Lellouche a raconté combien cette projection les avait bouleversés. “Ils avaient vu le film avant et ils ont réagi avec énormément d’émotion”, a-t-il d’abord expliqué. Selon lui, cette émotion tient à la manière dont le long-métrage restitue le courage et les souffrances de Jean Moulin face à la barbarie nazie. L’acteur estime que les jeunes spectateurs ont pu prendre conscience d’une réalité historique dont ils ne mesuraient pas nécessairement toute la violence.
Pour Gilles Lellouche, cette rencontre avec les lycéens a également permis de rappeler que les libertés dont bénéficie la société française sont le fruit de combats et de sacrifices. Vivre en démocratie, voter librement et pouvoir exprimer ses opinions. Une liberté à laquelle il a tenu à ajouter un point particulièrement important : “On a le droit de manifester, par exemple”. Une façon d’établir un parallèle entre le sujet du film et l’actualité récente de ce 17 octobre.
Pour le comédien, le retour de nombreuses œuvres consacrées à la Seconde Guerre mondiale et à la Résistance n’a rien d’un hasard. Il traduit, à ses yeux, un besoin collectif de regarder l’histoire en face pour mieux comprendre les enjeux du présent. “Je pense que s’il y a autant de films sur cette époque en ce moment, ce n’est pas anodin”, a-t-il déclaré. Avant de poursuivre : “Je pense qu’on a besoin d’ausculter notre histoire sans l’enlaidir, sans la travestir, en la gardant frontalement, parce qu’on s’est battu pour ça”. Une manière de rappeler que les valeurs démocratiques, aujourd’hui considérées comme évidentes par beaucoup, ont été conquises au prix de luttes particulièrement douloureuses.
À ses yeux, la vigilance reste indispensable pour éviter que les dérives du passé ne se reproduisent. “Aujourd’hui, résister, c’est essayer de faire en sorte qu’on ne soit jamais en dictature, pas d’obscurantisme. Le meilleur moyen de résister, jusqu’à preuve du contraire, c’est aussi de voter, en évitant la tentation du pire, c’est-à-dire la démagogie, le populisme, le fascisme évidemment”, affirme-t-il. Mais c’est une autre question de Yann Barthès qui a permis à Gilles Lellouche de formuler un message plus personnel. L’animateur lui a demandé ce qu’il ferait en premier s’il devenait président de la République. L’acteur a commencé par une plaisanterie qui a immédiatement déclenché les rires du public. En faisant référence à ce qu’il s’est passé cette veille du 17 octobre il a alors lancé : “J’irais voir Céline Dion évidemment.”
Après cette touche d’humour, le ton est rapidement redevenu sérieux. Gilles Lellouche a alors livré une réponse courte, mais révélatrice : “Plus sérieusement, j’écouterais la jeunesse vraiment, je l’écouterais avec mes deux oreilles.” À travers cette déclaration, le comédien a placé les jeunes générations au centre de sa réflexion. Lorsqu’il s’agit d’imaginer l’avenir, c’est vers la jeunesse que l’acteur estime qu’il faudrait d’abord tendre l’oreille.