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INTERVIEW Jonatan Cerrada (Nouvelle Star) : “Pas facile pour deux garçons d’avoir des enfants, mon mari et moi avons eu de la chance”
Publié le 12 septembre 2026 à 09:30
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Premier vainqueur de "Nouvelle Star", en 2003, Jonatan Cerrada a connu un parcours riche en rebondissements, des scènes françaises à son installation à Bali. À l’occasion de ses 41 ans, le chanteur se confie à "Ode" sur les désillusions du succès, son retour à la musique et son quotidien aux côtés de son mari Théo et de leurs deux enfants, Milo et Inata...
INTERVIEW Jonatan Cerrada (Nouvelle Star) : “Pas facile pour deux garçons d’avoir des enfants, mon mari et moi avons eu de la chance” Le chanteur Jonatan Cerrada a 41 ans aujourd'hui...

Portrait du chanteur Jonatan Cerrada. © Loris Romano Il est le premier candidat à avoir gagné l'émission "A la recherche de la Nouvelle Star" qui deviendra ensuite "Nouvelle Star". 

Jonatan Cerrada 2003 - Archive Portrait © JLPPA / Bestimage. C'était en 2003. Et depuis, le chanteur a changé plusieurs fois de vie.

Jonatan Cerrada, révélé par l’émission "À la recherche de la Nouvelle Star", assure la première partie du concert d’Eros Ramazzotti à Paris-Bercy, le 20 novembre 2003. © Agence / Bestimage Dans une interview accordée à "Ode", l'artiste qui réside en Belgique revient sur ces changements...

Le chanteur belge Jonathan Cerrada, vainqueur de l'émission de télévision française « À la recherche de la nouvelle star » (N° 1), pose pour notre photo à Bruxelles le 6 juillet 2004. Photo : AV Press/ABACA.

Vous avez  aujourd'hui 41 ans. Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette journée ?

De passer une bonne journée avec mes proches et mes enfants, de trinquer avec une petite coupe de champagne et de manger un bon gâteau. J’ai aussi demandé une paire de rollers à mon mari, parce que cela fait longtemps que je veux m’y remettre. C’était une grande passion quand j’étais jeune.

Vous avez été révélé au grand public il y a 23 ans. Cette période appartient-elle désormais à une autre vie ?

Il s’est passé tellement de choses depuis. J’ai eu la chance de vivre plusieurs vies différentes. Cette période correspond à Paris, à mon adolescence et à ma jeune vie d’adulte. Elle m’a apporté beaucoup de satisfactions, puis j’ai senti qu’il était temps de passer à autre chose.

La musique a fait partie très tôt de ma vie. J’ai commencé à huit ans à la maîtrise de l’Opéra royal de Wallonie. Quand Nouvelle Star est arrivée, à 17 ans, cela faisait donc déjà presque dix ans que je roulais ma bosse. J’ai ensuite vécu une espèce de vie de rock star. C’étaient les débuts de la téléréalité et des télécrochets. Ce qui m’arrivait était lunaire : ça m’est tombé dessus du jour au lendemain. Mais au bout de quelques années, l’effet est retombé. J’avais besoin de m’accomplir autrement qu’en tant que chanteur, parce que je n’avais jamais connu que cela.

La mort brutale de votre frère en 2014 a-t-elle aussi constitué un tournant ?

Oui, parce que, soudainement, la vie bascule. Il y a un avant et un après. Il est mort dans un accident du travail, quelque chose auquel on ne se prépare pas.

Tout d’un coup, on réalise que la vie peut s’arrêter du jour au lendemain et qu’il ne faut pas remettre ses projets à plus tard. Cela faisait des années que je rêvais de m’installer à Bali. Je me suis dit : "Merde, c’est le moment. Il faut que je le fasse."

Comment la musique est-elle revenue dans votre vie ?

À Bali, je me suis remis à composer pour le plaisir. J’ai enregistré des chansons en indonésien qui m’ont donné beaucoup de visibilité. J’ai été surpris par le succès du premier titre. Cela m’a reconnecté au métier : j’ai joué dans le film Liam dan Laila et participé à des sitcoms. L’idée n’était pas de me professionnaliser à nouveau, mais de vivre de nouvelles expériences.

La page de Bali s’est tournée au bout de cinq ans. J’ai eu mon fils et, avec mon mari, nous avons décidé de rentrer en Europe. La musique a repris beaucoup de place au travers des cours de chant. J’ai également reçu de nouvelles propositions liées au divertissement et je fais des chroniques sur le service public, ici, en Belgique.

Vous êtes aujourd’hui coach vocal. Qu’est-ce que la transmission vous apporte ?

Je me suis formé pendant un an auprès de Richard Cross. Je donne des cours à des personnes qui souhaitent se professionnaliser et j’enseigne aussi à de plus jeunes élèves dans une école à Bruxelles.

La scène et les cours nourrissent deux aspects différents de l’artiste que je suis. J’ai toujours besoin d’être sur le devant de la scène, parce que ça nourrit sans doute l’ego. Mais je trouve aussi très chouette de transmettre mon expérience du métier, de la scène et de l’interprétation.

Le premier conseil que je donne aux jeunes artistes est de préserver leur flamme pendant les déconvenues. Quand on entre dans l’industrie musicale, il faut gérer le business et l’argent. À un moment donné, j’ai davantage géré le business que la création, au point de perdre ma flamme pendant un temps. Il ne faut jamais se déconnecter de ce qui nous anime à la base.
 

Jonatan Cerrada : "Je me vois papa depuis toujours"
 

Devenir père était-il un désir ancien ?

Oui, depuis toujours, je me suis vu papa. On ne peut pas mettre son énergie partout en même temps, il faut faire des choix. Partir à Bali et mettre ma carrière de côté m’a permis de consacrer davantage d’énergie à mon couple et à ma vie personnelle.

Je ne me suis jamais vu autrement que papa. Cela n’a pas été simple parce que, comme nous sommes deux garçons, ce sont fatalement des projets difficiles à mettre en place. Mais je savais que c’était quelque chose pour lequel il fallait que je me batte.

 

On connaît mal Théo, votre mari. Que pouvez-vous nous dire de lui ?

Nous sommes ensemble depuis 2010 et nous sommes mariés. Théo évolue dans un univers complètement différent du mien : il travaille au protocole, au sein des institutions européennes à Bruxelles. Il n’est pas du tout dans le milieu artistique. Je pense que c’est aussi ce qui crée un équilibre entre nous et nous permet d’être complémentaires.

Comment s’est déroulé le parcours jusqu'à la naissance de Milo, votre premier fils ?

Il fallait choisir entre l’adoption, la famille d’accueil ou la GPA. Pour Milo, nous sommes passés par une mère porteuse. Ce sont des parcours lourds, parfois compliqués mais pour avoir discuté avec d’autres familles homoparentales, nous avons malgré tout eu beaucoup de chance.

 

Jonatan Cerrada : "Après la naissance de Milo, les choses se sont vraiment compliquées"
 

Milo est né en Russie alors que nous vivions à Bali. La distance, les nouvelles qui arrivaient au compte-gouttes pendant la grossesse et le décalage horaire ont ajouté beaucoup de stress. Nous sommes allés le chercher, puis nous sommes rentrés à Bali.

C’est après sa naissance que les choses se sont vraiment compliquées. Comme je suis espagnol, il fallait lui obtenir la nationalité espagnole. Au moment du confinement, Milo n’avait pas encore de nationalité européenne et notre retour en Europe est devenu très difficile. Nous sommes restés coincés à Bali pendant plusieurs mois. La situation s’est finalement réglée et, maintenant, c'est que du bonheur.

Comment Inata votre fille, est arrivée dans votre vie ?

Inata est en famille d’accueil chez nous. Dans les faits, nous ne sommes pas ses parents, mais, au quotidien, cela ne change rien. Elle a une histoire particulière qui fait qu'a priori, elle va rester avec nous.

 

"Notre fille Inata est en plein "terrible two""



Comment vivez-vous cette paternité ? 

Milo a six ans et Inata en a deux. Ce sont deux enfants pleins d’énergie. Milo est plutôt contemplatif et rêveur, alors qu’Inata est une fonceuse, une guerrière qui ne se laisse pas faire. Elle traverse le "terrible two", cette période où tout n’est que contestation. Difficile de ne pas perdre patience.

Votre famille est-elle désormais au complet ?

Oui, cela s’arrêtera là. Je viens d’une famille nombreuse, donc j’aurais très bien pu avoir d'autres enfants, mais il faut savoir faire des compromis. Théo a moins cette envie de poursuivre. Il est très heureux comme cela, tous les quatre.

Vous vous décrivez comme un papa plutôt « foufou ». Comment les rôles se répartissent-ils avec Théo ?

Je suis très joueur et j’ai gardé une grande part d’enfance. J’ai gagné Nouvelle Star à 17 ans et j’ai eu une vie privilégiée. Je n’ai pas connu de vaches maigres ni de grosses difficultés comme d’autres. Cela m’a peut-être un peu déconnecté de la réalité, mais m’a aussi permis de préserver mon âme d’enfant. Comme j’aime les jouets, les gadgets et les jeux de société, je me régale avec mes enfants. Je suis le papa rigolo. Théo est peut-être davantage celui qui impose un cadre, même si les choses ne sont jamais complètement noires ou blanches...

 

"Tiens, on vous a mal regardés." 



Quel regard portez-vous sur la manière dont la société accueille les familles homoparentales ?

J’ai tendance à ne voir que le positif. Je trouve les gens très bienveillants. Quand ils se rendent compte que je suis seul avec les enfants ou que nous sommes deux papas, je sens beaucoup de tendresse.

Mon père m’a déjà dit une fois : "Tiens, on vous a mal regardés." Perso, ce sont des choses que je ne vois pas. C’est sans doute déjà arrivé, mais j’en fais abstraction.

J’ai toutefois conscience d’évoluer dans un milieu privilégié. Nous vivons dans le quartier européen à Bruxelles et côtoyons des gens ouverts d’esprit. Nous ne sommes peut-être pas dans un cadre où nous serions confrontés à davantage de difficultés. Nous avons une chouette vie et beaucoup de chance.

Pourra-t-on bientôt vous revoir sur scène en France ?

Je chante à Évian au mois de novembre. Et une grosse tournée est prévue à partir de janvier 2028. Je ne serai pas seul sur scène mais il est encore un peu tôt pour vous en parler...

Propos exclusifs ne pouvant être repris sans la mention Ode

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Par Lucie Gosselin | Rédactrice
Journaliste passionnée, depuis plus de 10 ans, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages ou des interviews.
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