Dans le paysage cinématographique tricolore, le nom de Dimitri Rassam est devenu une véritable signature d'excellence et de succès populaire ! Fils de la comédienne Carole Bouquet et du producteur Jean-Pierre Rassam, le producteur aujourd'hui âgé de 44 ans s'est imposé au fil des décennies comme un poids lourd incontournable du septième art. Pour preuves : on lui doit notamment des triomphes retentissants comme la saga Les Trois Mousquetaires, les comédies populaires Le Prénom et Papa ou Maman, le film d'animation acclamé Le Petit Prince ou encore le phénomène Le Comte de Monte-Cristo porté par Pierre Niney, qui a accumulé plus de 9,5 millions d'entrées en France ! Pourtant, malgré ce CV impressionnant et une capacité hors norme à rassembler le grand public dans les salles, le professionnel ne masque pas la réalité brutale d'un marché en perpétuelle tension.
Invité au micro du podcast Génération Do It Yourself, le producteur est revenu en toute transparence sur les coulisses de son métier, le fonctionnement complexe du financement en France et les embûches majeures qui ont failli mettre un terme prématuré à sa passion.
Au cours de cet entretien captivant, le producteur décrypte notamment avec précision les mécanismes d'un secteur très concurenciel. Pour adapter le cinéma européen face aux géants d'Hollywood, Dimitri Rassam a d'ailleurs développé YAPLUKA, un studio européen conçu sur mesure pour s'imposer durablement dans l'espace intermédiaire entre le cinéma d'auteur et les blockbusters américains. “Je vais pas aller en compet frontale avec les Américains sur leur chasse gardée. C’est les films à plus de 100 millions et les films à moins 10 de millions. En revanche, ils ont déserté l’intermédiaire. L’idée c’est de prendre les meilleurs business practice entre les deux”, explique-t-il.
Cette démarche exige d'aller chercher tous les talents européens sans renoncer au vivier français, tout en tirant les leçons des revers passés. L'homme de cinéma se souvient notamment des coulisses mouvementées du Petit Prince : “C'était un succès mais ça n'a pas été un succès partout et j'ai vécu des trucs comme par exemple le fait que le studio américain a vendu dans mon dos le film à Netflix, une semaine avant.” Une expérience qui lui a servi de leçon.
Autre constat sans appel de la part du professionnel : l'effondrement des habitudes de consommation traditionnelles depuis la crise sanitaire. “70 % des gens choisissaient le film devant la salle avant le Covid. Le Covid a fait totalement sauter ça. Donc maintenant, l'acte, au-delà de la consommation, il faut que ça justifie quelque chose qui ait du relief, qui soit exceptionnel, en tout cas une promesse”, précise-t-il. Une exigence nouvelle qui explique, en partie, le regard très lucide que Dimitri Rassam porte désormais sur les performances de ses plus grands projets : “Monte-Cristo c'est pas un succès à l'international. Je fais 4,5 millions d'entrées hors de France, j'en fais 9,5 millions en France. C'est normal. C'est pas un événement pour eux. Évidemment qu'il faut livrer de bons films mais c'est pas suffisant.” In fine, dans un secteur où l'argent dépend avant tout de la confiance et du porte-feuille de contacts, le métier reste un pari permanent sur l'avenir. Un avenir parfois incertain... “À un moment donné, j'ai pensé que ma carrière allait s'arrêter.” avoue d'ailleurs le producteur.
Un témoignage qui rappelle à quel point produire des histoires pour le grand écran reste un défi aussi passionnant que périlleux !