Les médailles s’accumulent, la popularité ne faiblit pas et pourtant, Teddy Riner ne semble toujours pas rassasié. Deux ans après les Jeux olympiques de Paris 2024, où il avait une nouvelle fois marqué l’histoire du sport français, le judoka se prépare à retrouver progressivement la compétition. Son objectif principal paraît presque démesuré : participer à Los Angeles 2028 et tenter d’y décrocher une nouvelle médaille olympique, vingt ans après ses premiers Jeux à Pékin.
Le Français n’a pourtant plus grand-chose à prouver. Quintuple champion olympique, il pourrait parfaitement décider de refermer ce chapitre au sommet. Après Paris, l’idée lui a d’ailleurs traversé l’esprit. "Ça aurait été un gâchis", reconnaît-il lorsqu’on lui demande s’il aurait pu arrêter après l’euphorie des Jeux à domicile. L’envie de combattre est finalement revenue, même si elle se concentre désormais sur quelques rendez-vous bien précis. "Ce qui m’anime, ce ne sont plus les tournois ni les Championnats d’Europe ou du monde, mais les Jeux olympiques", confie-t-il. Los Angeles est donc dans un coin de sa tête. Teddy Riner sait toutefois qu’il ne sera plus exactement le même athlète.
À 39 ans, son expérience et son approche ont évolué. "À chaque olympiade, j’ai pris plus d’expérience, un peu plus d’épaisseur dans mon judo, dans ma façon de gérer la pression. Physiquement, j’ai changé aussi", analyse-t-il. Cette longévité exceptionnelle lui a également permis de construire bien davantage qu’un palmarès. Au fil des années, Teddy Riner est devenu l’une des personnalités les plus populaires du sport français, mais aussi un homme d’affaires attentif à préparer son avenir. Et lorsqu’il s’agit d’argent, le champion applique une philosophie très éloignée de la dépense immédiate. Interrogé sur ses activités en dehors du tatami et son goût pour la découverte de nouveaux projets, il explique sans détour ce qui guide aujourd’hui ses décisions financières.
Pour Teddy Riner, cette manière de penser est directement liée à son parcours et à ses origines. L’après-carrière n’est clairement pas pour lui un sujet que l’on remet au lendemain. Alors que certains sportifs attendent leurs dernières compétitions pour réfléchir à leur reconversion, lui s’intéresse depuis longtemps à d’autres univers. Politique, business, émissions, entrepreneuriat… Le judoka aime multiplier les expériences et découvrir de nouveaux domaines. À la question de savoir ce qu’il aimerait réellement faire une fois son kimono rangé, sa réponse en dit beaucoup sur sa personnalité : “J’aime découvrir de nouvelles choses.” Mais derrière cette curiosité se cache également une règle financière très précise.
Teddy Riner ne considère pas l’argent gagné au cours de sa carrière comme une simple récompense dont il pourrait profiter sans penser au lendemain. “Je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche”, rappelle-t-il. Une phrase qui permet de comprendre son rapport à l’argent. Malgré les revenus que peuvent aujourd’hui lui apporter sa carrière sportive, ses contrats ou ses différentes activités, le champion conserve visiblement le réflexe de penser sur le long terme. Et sa méthode tient en quelques mots : “Le moindre euro que je touche, j’essaie de le capitaliser pour avoir un meilleur avenir pour moi et pour mes enfants.” Autrement dit, Teddy Riner cherche avant tout à faire fructifier ce qu’il gagne plutôt qu’à simplement le dépenser. Une manière d’assurer sa propre sécurité financière une fois sa carrière terminée, mais surtout celle de sa famille.
À 37 ans, le champion sait parfaitement qu’une carrière de sportif de haut niveau ne dure pas éternellement. Même la sienne, pourtant exceptionnellement longue, finira par s’arrêter. Anticiper lui permet donc de ne pas dépendre uniquement des revenus liés à ses performances sur les tatamis. Cette volonté de transmettre se retrouve d’ailleurs lorsqu’il parle de ses autres activités. Avec la Riner Cup, tournoi de judo lancé il y a deux ans, le champion veut aussi créer un événement capable de donner envie aux jeunes de se dépasser tout en conservant une dimension ludique. Lors de la précédente édition, les participants avaient notamment remporté des trottinettes et des places pour le Parc Astérix. "J’ai aimé voir tous ces sourires", confie Teddy Riner. Une satisfaction qui semble aujourd’hui prendre une place croissante dans ses projets. "Le sport, c’est un moyen de réunir les gens et de faire oublier, le temps d’un moment, les problèmes de la vie", résume-t-il.