Comment rebondir quand la vie vous en fait voir de toutes les couleurs ? C'est tout le concept de l'ouvrage d'Élisa Tovati, Merci pour le NON – Et si nos échecs étaient nos chances ?, qui recueille les confidences de 16 personnalités sur la façon dont elles ont transformé leurs pires épreuves en véritables tremplins. Et parmi ces témoignes, il y a celui de Maxime Chattam. L'écrivain et roi du thriller français y revient notamment sur les coulisses d'une année noire où son monde a volé en éclats.
Pour le papa d'Abbie et de Peter, le sort semble en effet s'être acharné. "Il y a eu une année où tout s'est effondré en même temps", confie-t-il à Élisa Tovati. En quelques mois, l'écrivain a dû affronter la disparition de son père, mais aussi celle de son meilleur ami, Guillaume, tout en voyant son histoire d'amour avec Faustine Bollaert toucher à sa fin. Une série de désillusions qu'il résume ainsi : "Je perds mon père, je perds mon meilleur ami, ma vie de couple se brise, je quitte la maison qui était mon refuge, ce cabinet de curiosités où s’accumulaient les objets, les livres, les reliques qui nourrissaient mes romans."
Dépourvu de ses repères, de sa famille et même de son espace créatif, Maxime Chattam a alors fait face à un vide vertigineux. Même l'écriture, qui avait jusque-là toujours été salvateur, ne pouvait rien pour lui. "Le corps, la tête qui ne répondent plus, les émotions qu'on ne contrôle plus... C'est ce que j'appelle 'le fond du trou.'
Pourtant, c'est paradoxalement en acceptant de toucher le fond que Maxime Chattam a pu amorcer sa reconstruction. Finalement résolu à écrire son dernier roman, cela lui a permis de "structurer le chaos" et même à se réinventer physiquement et matériellement. "J'ai eu besoin d'alléger ma vie très concrètement : changer de maison, me délester d'objets, reprendre mon corps en main".
Une transformation radicale, impliquant aussi un changement d'alimentation et une perte de poids, qui s'est révélée nécessaire pour l'auteur. "Ce n'était pas une coquetterie, c'était une manière de dire non, enfin, à ce qui me détruisait à petit feu", souligne-t-il. Aujourd'hui, Maxime Chattam peut donc entrevoir "un avenir plus apaisé".