menu close2 Menu
search newsletter
Annuler
Ex: Marion Cotillard , Shakira , Kate Middleton , Selena Gomez
Voir les 7 photos
John Cryan, neurobiologiste : "Nous avons des preuves que le café transforme le microbiote et améliore la forme mentale et cognitive"
Publié le 22 octobre 2026 à 06:59
Ajoutez Ode à vos sources préférées
Une étude publiée dans Nature Communications montre que la consommation de café est associée à des changements du microbiote intestinal et à des variations de certains indicateurs liés à l'humeur, au stress et aux capacités cognitives.
John Cryan, neurobiologiste : "Nous avons des preuves que le café transforme le microbiote et améliore la forme mentale et cognitive"
Une étude publiée dans Nature Communications s'intéresse aux effets du café sur le microbiote intestinal.

Photo prise par Mike Kenneally / Unsplash Les chercheurs ont suivi 62 adultes, consommateurs réguliers ou non de café.

Photo prise par Nathan Dumlao / Unsplash Le café décaféiné a été associé à des progrès sur certains tests de mémoire et sur le sommeil.

Photo prise par Jakub Dziubak / Unsplash Le café caféiné a été associé à une baisse de certains indicateurs d'anxiété.

Photo prise par Nameless 3791 / Unsplash Les deux types de café ont été associés à une diminution du stress perçu.

Photo prise par Fahmi Fakhrudin / Unsplash

Longtemps, le café a surtout été apprécié pour son pouvoir stimulant et son effet coup de fouet au réveil. Pourtant, ses effets sur l'organisme pourraient aller au-delà de sa teneur en caféine. L'épidémiologiste Tim Spector a notamment souligné que les consommateurs de café présentaient un microbiote intestinal différent de celui des personnes qui n'en boivent pas. Les chercheurs cherchent désormais à comprendre comment ces changements pourraient être associés au fonctionnement de l'organisme et du cerveau.

Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications, à laquelle a participé le neuroscientifique John F. Cryan, professeur à l'University College Cork, en Irlande, s'est intéressée à l'axe microbiote-intestin-cerveau. Les chercheurs ont examiné les liens entre la consommation de café, la composition du microbiote, certains métabolites et différents indicateurs psychologiques et cognitifs. Leurs résultats suggèrent que certains effets observés ne sont pas uniquement liés à la caféine. Pour cette étude, l'équipe a recruté 62 adultes en bonne santé, âgés de 30 à 50 ans. Parmi eux, 31 ne buvaient habituellement pas de café, tandis que 31 en consommaient régulièrement, à raison de trois à cinq tasses par jour. Le protocole s'est déroulé en plusieurs étapes.

Dans un premier temps, les chercheurs ont comparé les deux groupes en analysant différents échantillons biologiques, notamment des selles, du sang, de l'urine et de la salive. Ils ont également évalué plusieurs paramètres liés au stress, à l'humeur et aux performances cognitives. Les consommateurs réguliers ont ensuite arrêté le café pendant deux semaines, avant de le réintroduire pendant trois semaines. Ils ont alors été répartis en deux groupes : l'un consommant du café caféiné, l'autre du café décaféiné, sans connaître la nature du produit reçu.

Les scientifiques ont suivi les changements du microbiote intestinal et des métabolites grâce à des analyses approfondies. Ils ont ainsi observé des différences dans la composition bactérienne et certains composés associés à la consommation de café. Les résultats ont également mis en évidence des variations dans plusieurs mesures psychologiques et cognitives, avec des différences selon le type de café consommé.

Des effets différents selon le type de café

Les participants ayant consommé du café décaféiné ont notamment enregistré des améliorations à certains tests de mémoire épisodique verbale. Leur qualité de sommeil et leur niveau d'activité physique ont également progressé au cours de l'intervention. Ces résultats suggèrent que certains composants du café autres que la caféine pourraient jouer un rôle, même si l'étude ne permet pas de déterminer précisément les mécanismes en cause.

Du côté des consommateurs de café caféiné, les chercheurs ont constaté une diminution de certains indicateurs liés à l'anxiété et à la détresse psychologique. Des améliorations ont également été observées lors d'un test évaluant certaines capacités de traitement de l'information et d'attention.

Les deux groupes ont par ailleurs rapporté une baisse du stress perçu et des symptômes dépressifs autodéclarés après la réintroduction du café, par rapport à certaines mesures réalisées au cours de l'étude. Ces observations ne signifient toutefois pas que le café peut prévenir ou traiter les troubles psychologiques. Elles constituent des résultats préliminaires, obtenus auprès d'un nombre limité de participants.

L'étude a aussi relevé des différences comportementales entre les consommateurs habituels de café et les personnes qui n'en buvaient pas. Au début de l'expérience, les premiers présentaient notamment des niveaux plus élevés d'impulsivité et de réactivité émotionnelle. Certaines de ces mesures ont évolué pendant la période sans café, puis après sa réintroduction.

Le microbiote au cœur des recherches

Pour John Cryan et les autres chercheurs, ces résultats illustrent la complexité des interactions entre alimentation, microbiote intestinal et cerveau. Le café contient en effet plusieurs substances, parmi lesquelles la caféine et les polyphénols, susceptibles d'interagir avec les micro-organismes intestinaux et les processus métaboliques de l'organisme.

"Le café est bien plus que de la caféine : c'est un facteur alimentaire complexe qui interagit avec nos microbes intestinaux, notre métabolisme et même notre bien-être émotionnel", explique le chercheur dans les propos rapportés par l'article.

Les résultats ouvrent ainsi de nouvelles pistes pour comprendre les liens entre consommation de café, microbiote et fonctionnement cérébral. Ils ne permettent cependant pas d'affirmer que tous les consommateurs bénéficieront des mêmes effets, ni qu'une consommation plus importante serait nécessairement plus bénéfique.

Les auteurs soulignent l'intérêt de poursuivre les recherches afin de mieux comprendre les mécanismes impliqués et les différences individuelles. Le café ne peut donc pas être considéré, sur la seule base de cette étude, comme un traitement de la santé mentale ou des troubles cognitifs. Il constitue plutôt un sujet de recherche intéressant pour étudier les interactions entre alimentation, microbiote intestinal et cerveau.

Articles liés
"Il faut privilégier la diversité" : pourquoi manger des fruits à coque est excellent pour votre cerveau
"Il faut privilégier la diversité" : pourquoi manger des fruits à coque est excellent pour votre cerveau
Pourquoi certaines personnes annulent leurs projets à la dernière minute ? La psychologie apporte une explication
Pourquoi certaines personnes annulent leurs projets à la dernière minute ? La psychologie apporte une explication
"Trois canettes par jour" : Laurent Karila (Ça commence aujourd'hui) s’exprime sur les boissons énergisantes chez les jeunes
"Trois canettes par jour" : Laurent Karila (Ça commence aujourd'hui) s’exprime sur les boissons énergisantes chez les jeunes
Par Lucie Louback | Rédactrice
Lucie est une journaliste qui ne veut rien louper. Une dispute un peu bruyante dans la rue ? Elle n’en loupe pas une miette. Une annonce d’une personnalité sur les réseaux sociaux ? Elle reste à l’affût pour écrire un article dessus. Vos célébrités préférées n’ont plus aucun secret pour Lucie qui a bien l’intention de vous faire découvrir leur quotidien très mouvementé.
Mots clés
Personnalités Françaises Photo