Jugée ce vendredi 24 octobre 2025 au tribunal correctionnel d’Albertville, la biathlète Julia Simon, championne du monde en titre, a été condamnée à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour vol et escroquerie à la carte bancaire. Elle a reconnu avoir effectué des achats frauduleux, dont des produits high-tech de la marque GoPro lors de stages en Norvège, entre décembre 2021 et septembre 2022. Pour cela, elle avait utilisé la carte bleue de sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet, ainsi que celle d’une kinésithérapeute du staff de l’équipe de France.
Lors de l’ouverture de l’enquête, Julia Simon avait initialement nié les faits. Mais les policiers et le parquet ont ensuite présenté des preuves précises : relevés bancaires et vidéos de surveillance. La contestation devenant impossible, la biathlète française de renom a finalement reconnu l'intégralité des faits.
Lors de son procès, elle a exprimé son sentiment de "honte". Elle a souligné qu'elle n'avait "aucune motivation financière" pour ses actes. Interrogée par la présidente, elle a expliqué faire actuellement un travail avec une spécialiste. Et ce, afin de mieux appréhender ses actes. "Je bosse avec mon psy depuis deux ou trois ans pour comprendre tout ça, grandir, évoluer. On est encore dans un passage où tout est très flou pour moi", a-t-elle déclaré.
D'après, Me Christian Borel, avocat de Julia Simon, cette sortie du déni est déjà une étape qui prouve sa bonne volonté. "Reconnaître sa faute, c’est déjà commencer à réparer", a-t-il ainsi déclaré lors de sa plaidoirie.
Cette escroquerie entache aussi le monde du sport. En guise de réparation symbolique, la sportive de 29 ans a aussi été condamnée à verser un euro symbolique à la Fédération au titre des dommages et intérêts. À l’issue de l’audience, le président de la Fédération française de ski (FFS), Fabien Saguez, s'est réjoui de cette décision. "Pour moi, c'est une journée importante. Il fallait que le problème soit purgé, il l'est et c'est parfait", a-t-il déclaré.
Si la justice française a rendu son verdict, la Fédération Française de Ski (FFS) doit désormais statuer à son tour. La championne du monde pourra-t-elle continuer sa carrière sportive ? Pourra-t-elle, par exemple, participer aux Jeux Olympiques 2028 ? Aura-t-elle des sanctions ? Fabien Saguez a précisé qu'une commission de discipline aurait lieu dans "les plus brefs délais". Le But ? Se prononcer "sur le plan disciplinaire fédéral". "On va s'attacher à continuer à préserver les intérêts des athlètes, de l'encadrement des équipes comme on le fait depuis deux ans", a-t-il assuré.
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