Pendant longtemps, le nom Onassis a évoqué les yachts, les fortunes immenses et les grandes histoires d’amour internationales. Celui d’Aristote Onassis, l’armateur grec devenu une figure majeure du XXe siècle, reste associé à Maria Callas et à Jacqueline Kennedy. Sa petite-fille Athina, elle, a choisi une trajectoire différente : loin des mondanités, elle a construit son identité autour de l’équitation, jusqu’à devenir une cavalière reconnue sur la scène internationale.
Née en 1985, Athina Onassis grandit avec le poids d’un héritage exceptionnel. Après la mort de sa mère, Christina Onassis, en 1988, elle devient l’unique descendante directe de l’armateur grec. Selon l’AFP, le 28 janvier 2003, lorsqu’elle atteint ses 18 ans, elle devient "l’une des héritières les plus riches du monde". Son patrimoine est alors estimé par son entourage à "quelque 800 millions de dollars", même si plusieurs médias avancent des montants supérieurs.
Cet héritage comprend notamment des propriétés prestigieuses, une collection d’art, des participations financières et l’île privée de Skorpios, en mer Ionienne, où reposent plusieurs membres de la famille Onassis. Pourtant, la jeune femme ne semble jamais avoir cherché à incarner le rôle traditionnel de l’héritière milliardaire.
Élevée principalement en Suisse par son père français Thierry Roussel, Athina grandit loin de la Grèce et de la vie mondaine qui entourait son grand-père. Contrairement à Aristote Onassis, dont la vie privée fascinait la presse internationale, elle privilégie rapidement la discrétion.
Sa passion pour l’équitation devient le fil conducteur de son existence. À 17 ans, elle s’installe à Bruxelles afin de suivre une formation équestre de haut niveau. Selon Capital, Athina Onassis devient une cavalière de saut d’obstacles reconnue : elle représente notamment la Grèce aux Championnats d’Europe 2013 et participe aux Championnats du monde 2014.
Son engagement dépasse la simple pratique sportive. Elle crée le Longines Athina Onassis Horse Show, une compétition internationale qui s’impose progressivement dans le monde du saut d’obstacles. Cette activité lui permet de construire une identité propre, fondée sur la performance et le travail, loin de la seule image d’une héritière fortunée.
L’équitation devient ainsi un moyen de se distinguer de l’histoire familiale. Dans les compétitions, son nom ouvre peut-être des portes, mais il ne remplace ni l’entraînement ni les résultats. Athina cherche alors une reconnaissance qui ne repose pas uniquement sur son patrimoine.
Cette volonté de prendre ses distances avec son passé familial s’illustre en 2013 avec la vente de Skorpios. L’île, achetée par Aristote Onassis en 1962, était devenue un symbole de la dynastie. C’est notamment sur ce territoire privé qu’il a vécu son histoire avec Maria Callas et qu’il a épousé Jacqueline Kennedy en 1968.
Selon Le Monde, Athina Onassis, alors âgée de 28 ans, se sépare ainsi de "son dernier lien avec la Grèce". Le quotidien rappelle que l’île représentait le dernier grand vestige de la légende familiale, mais que l’héritière ne s’y rendait plus depuis plusieurs années.
Cette décision illustre une démarche plus large : celle d’une femme qui tente de transformer un héritage imposant en une histoire personnelle. Loin de chercher à prolonger le mythe Onassis, elle semble vouloir s’en libérer.
Son parcours ne signifie toutefois pas un abandon total de son héritage. En 2024, Athina Onassis rejoint le conseil d’administration du groupe Casino. Selon Capital, cette nomination marque une nouvelle étape dans son parcours, avec un rôle lié notamment aux questions de gouvernance et de responsabilité sociétale des entreprises.
Aujourd’hui, Athina Onassis reste une personnalité discrète, à l’opposé de la célébrité qui accompagnait son grand-père. Héritière d’une fortune considérable, elle a choisi une autre voie : celle d’une cavalière qui cherche moins à porter un nom qu’à construire le sien.