De grosses fortunes investissent dans l'immobilier en France. C'est le cas de Tamim Ben Hamad Al Thani, l'émir du Qatar, qui s'est acheté la Villa du Golf, réplique du Petit Trianon de Versailles et ancienne propriété de la famille Dassault, pour la somme de 8,5 millions d'euros. Le roi du Maroc, Mohamed VI, est quant à lui propriétaire d'un château français classé au patrimoine et ayant appartenu à la famille princière de Monaco. De son côte, Hamad bin Isa Al-Khalifa, le roi du Bahreïn, n'est pas en reste. En effet, il possède lui aussi un bien incroyable en plein Paris.
C'est en 2008 que la transaction - record historique pour un bien immobilier acquis par un particulier à Paris, à l'époque - s'est faite. Hamad in Isa Al-Khalifa s'est ainsi offert l'hôtel de Bourbon-Condé pour la somme astronomique de 66 millions d'euros. Il s'agit d'un véritable bijou architectural de 3000m², avec un parc d'un demi-hectare, situé au 12, rue Monsieur, dans le quartier des Invalides, au cœur du VIIe arrondissement de la capitale. L'immense demeure est construite entre 1781 et 1782 par l'architecte de renom Alexandre-Théodore Brongniart pour Louis V Joseph de Bourbon-Condé, qui n'est autre que l'arrière-petit-fils de Louis XIV - il descend ainsi du Roi-Soleil du fait que son grand-père, Louis III de Bourbon-Condé a épousé Louise-Françoise de Bourbon, une fille légitimée par ce dernier. Depuis l'achat, le roi du Bahreïn a entrepris de grands travaux. Il a notamment fait installer une salle de cinéma et un parking dans cette bâtisse classée monument historique, avec ses dépendances et son jardin.
Une transaction à plusieurs dizaines de millions d'euros entre Hamad bin Isa Al-Khalifa et la congrégation des Filles du coeur de Marie pour la France. "L'hôtel de Bourbon-Condé date du XVIIIe siècle, il est magnifique. Mais il n'était plus du tout adapté aux cours de BTS d'action sociale que nous donnions aux élèves. Les travaux de rénovation commençaient à nous coûter très cher. Nous voulions plutôt investir dans nos missions, en particulier nos douze lycées professionnels", racontait Pascale Pupinck, responsable de la société, auprès de nos confrères du Parisien en 2008. Ainsi, plusieurs offres ont été faites. Mais c'est celle du roi du Bahreïn que le Vatican a finalement validée : "Cet acquéreur nous a été proposé. L'offre correspondait à notre prix. Auparavant, on nous avait évoqué l'hypothèse de cinéastes, mais cela ne se faisait pas. Nous avons rencontré plusieurs fois à Paris la reine de Bahreïn, et l'affaire s'est faite." Et c'est surtout avec Cheika Sabika, l'épouse du roi, que les Filles du coeur de Marie, ont traité. C'est elle qui est venue signer en personne la vente. "Il s'agit d'une femme très européanisée, moderne, qui passe la moitié de son temps à Paris. Nous lui avons précisé que nous souhaitions que la chapelle ne soit pas détruite. Elle nous a dit que son personnel, en majorité catholique, l'apprécierait beaucoup", se souvenait ainsi Pascale Pupinck.
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