Discret par nature, Mohammed VI possède pourtant plusieurs refuges de prestige sur le sol français. Parmi eux, le château de Betz, niché dans une commune de quelque 1 000 habitants de l’Oise, à une soixantaine de kilomètres de Paris, intrigue autant qu’il fascine. Peu de riverains peuvent se targuer d’avoir aperçu le souverain marocain, mais sa présence ne passe pas totalement inaperçue. Le drapeau du Maroc qui flotte au sommet du domaine, les membres du personnel royal aperçus dans les commerces alentour ou encore les distributions de couscous aux voisins constituent autant d’indices de passages très encadrés. Cette générosité légendaire s’accompagne toutefois d’une exigence forte en matière de tranquillité. Lorsque la famille royale séjourne au château, le dispositif de sécurité se renforce considérablement : gardes du corps postés aux abords, renforts de gendarmerie, routes parfois fermées et circulation limitée. Une contrainte pour les habitants, mais largement compensée par les retombées locales. Le vaste parc de 70 hectares, classé au patrimoine national, demeure en revanche totalement inaccessible au public, contrairement à d’autres jardins de grandes propriétés françaises. Peu d’informations filtrent sur l’intérieur de ce refuge luxueux et on sait simplement, selon Le Point, que le roi y a fait aménager une pension pour ses chevaux et qu’il emploie du personnel local.
À ce patrimoine déjà conséquent s’ajoute un important héritage immobilier en région parisienne, aujourd’hui en partie mis sur le marché. Dans son édition du mercredi 21 janvier, Point de vue révèle que Mohammed VI se sépare d’un ensemble immobilier transmis par sa mère, la princesse Lalla Latifa, décédée en juin 2024 après avoir partagé sa vie entre Neuilly-sur-Seine et le Maroc. Nos confrères décrivent une propriété d’exception : "La vue, où se dessinent au-dessus des frondaisons du bois de Boulogne quelques attractions du jardin d’acclimatation et surtout la silhouette argentée de la Fondation Louis-Vuitton, est à couper le souffle. Deux balcons filants, une terrasse panoramique, une surface habitable de 1 325 m² et 569 m² de jardins, le tout à vendre pour un peu plus de 20 millions d’euros". Selon Africa Intelligence, cet immeuble de quatre étages transformé en hôtel particulier, situé boulevard Maurice-Barrès à Neuilly-sur-Seine, entre la résidence de l’ambassadrice du Maroc et l’ambassade de Jordanie, appartenait bien à Lalla Latifa, épouse du roi Hassan II. À sa disparition, Mohammed VI, son frère le prince Moulay Rachid et leurs sœurs, les princesses Lalla Meryem, Lalla Asmaa et Lalla Hasnaa, en ont hérité. Le lieu, doté d’un hammam, d’une piscine intérieure et d’une salle de sport, a conservé la décoration voulue par la mère du souverain, à savoir des mosaïques, arabesques de bois et riches marbres.
© BestImage, Jeanne Accorsini / Pool / Bestimage
Amoureuse de la France, où elle s’était installée après la mort de Hassan II tout en effectuant de fréquents séjours au Maroc, Lalla Latifa possédait également une autre demeure à Neuilly-sur-Seine. Toujours d’après Africa Intelligence, cette maison située rue Windsor serait elle aussi en vente, pour un montant estimé à 7,5 millions d’euros. Plus modeste, la résidence compte néanmoins une dizaine de pièces et un jardin arboré de plus de 500 m². À l’intérieur, la décoration d’origine mêle parquets marquetés, marbres et, dans certaines pièces, de somptueux lustres de Murano. Le roi Mohammed VI, qui aurait renoncé à sa part successorale, et ses frère et sœurs envisageraient également de céder d’autres biens marocains ayant appartenu à leur mère, notamment à Rabat et à Bouznika, au nord de Casablanca. Un recentrage patrimonial de taille.
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