Depuis quelques semaines, Lucas Hernandez n’est plus seulement sous les projecteurs pour ses performances sur le terrain, mais aussi pour une plainte qui entache sa réputation hors des stades. Le défenseur du Paris Saint-Germain et champion du monde 2018, âgé de 29 ans, ainsi que sa compagne, Victoria Triay, sont visés par une plainte pour “traite d’êtres humains” et travail dissimulé déposée par une famille colombienne auprès du parquet de Versailles, qui a ouvert une enquête.
D’après les éléments réunis par la justice française, cette famille de cinq ressortissants colombiens aurait travaillé pour le couple entre septembre 2024 et novembre 2025 au domicile du frère de Theo Hernandez sans cadre légal, effectuant des tâches variées, allant de la garde d’enfant, au ménage, à la sécurité, en passant par les courses, souvent sous des conditions jugées illégales. Face à ces allégations, Lucas Hernandez et Victoria Triay ont publié un communiqué pour se défendre, affirmant qu’ils avaient ouvert leur maison “à des personnes se présentant comme des amis” et qu’ils avaient toujours cru aider des gens en difficulté. Ils assurent n’avoir “jamais agi avec intention malveillante ni dans le mépris de la loi”, estimant que leur confiance a été trahie par leurs anciens employés. L’ouverture de l’enquête par le parquet de Versailles est en cours, et les accusations restent pour l’instant des allégations que la justice devra trancher.
Et ce samedi 24 janvier, c’est la famille colombienne elle-même qui raconte son vécu, dans les colonnes du quotidien espagnol El País. La principale plaignante, une jeune femme de 27 ans originaire de Bogota, explique avoir fait venir toute sa famille en France après que le couple leur aurait promis une aide pour obtenir des papiers en échange de leur travail. Une promesse qui, selon elle, n’a jamais été tenue. "Maintenant, nous savons qu’ils nous exploitaient", a-t-elle confié, affirmant que la famille travaillait beaucoup plus d’heures que la normale et pour des salaires très faibles, précisément parce qu’ils étaient des migrants vulnérables.
Elle détaille que son père et son frère étaient chargés de la sécurité de la maison, veillant sur les lieux la nuit ou réceptionnant les livraisons le jour, tandis que sa mère faisait le ménage et s’occupait de la petite fille du couple. La plaignante elle-même raconte avoir parfois travaillé sans jours de repos et presque 24 heures par jour, une situation qui l’a profondément affectée, notamment parce qu’elle voyait sa propre fille de 5 ans très peu pendant cette période. Elle poursuit son récit en expliquant que la famille n’a jamais signé de contrat de travail, n’a pas eu accès à la sécurité sociale et n’a donc pas pu se soigner lorsqu’ils étaient malades. Ce n’est qu’un an après leur arrivée que leur aurait été présenté un accord de confidentialité, sans encadrement juridique réel, ce qui, selon elle, montre l’absence de cadre professionnel et la précarité de leur situation.
La plaignante évoque également des faux documents d’identité espagnols fournis par le couple pour faire croire à une régularisation, une pratique qui alimente encore plus les accusations portées. "Quand on est immigré, il est facile de se faire de faux espoirs et de croire à des promesses qu'on réalise ensuite ne pas pouvoir tenir", a-t-elle déclaré.
Lucas Hernandez et Victoria Triay restent présumés innocents jusqu'à la clôture du dossier.
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