Dans une tribune publiée le 20 juin 2026 dans Midi Libre, Olivia Ruiz a adressé une lettre ouverte à sa région natale, l’Occitanie. La chanteuse de 46 ans exprime sa déception face au manque de bienveillance envers les exilés. Elle appelle à renouer avec une tradition d’accueil et de solidarité. Un texte engagé pour une cause à laquelle peu s'attendaient. Et où l'artiste, originaire de Carcassonne et ayant grandi à Marseillette, interpelle directement sa terre d’enfance, qu’elle accuse d’avoir oublié une partie de son histoire.
Issue d’une famille aux racines espagnoles marquées par l’exil, Olivia Ruiz entretient depuis toujours un lien fort avec les questions de migration et d’identité. Lien qu'elle, qui avait d'ailleurs décidé de retourner en Espagne pendant quelques mois avec sa famille, avait d'ailleurs abordé dans son livre La commode aux tiroirs de couleurs, paru aux éditions JC Lattès en 2020. Elle y évoque les origines de sa grand-mère, les exilés de la guerre civile espagnole et aborde les questions de la transmission.
Dans sa tribune sur ce territoire fondateur si cher à son coeur, elle évoque notamment les "terres arides [qui] ont soutenu [s]es premiers pas" et la richesse culturelle, entre garrigue, Méditerranée et traditions du sud, qui l’a construite.
L’artiste et écrivaine, mère de Nino, 10 ans, insiste également sur l’apport des populations venues d’ailleurs dans la construction de l’identité régionale, rappelant que "les tielles sétoises" ou encore certaines spécialités locales sont issues de croisements culturels. Avant de s’interroger : "Comment aurions-nous trouvé du couscous languedocien ou du tajine d’agneau des causses sans l’apport de nos immigrés d’Afrique du Nord ?"
Elle adopte ensuite un ton plus critique, estimant que sa région d’origine, qu'elle a quitté au profit d'un quartier Parisien qu'elle adore, ne peut renier ceux qui ont contribué à son histoire. "Tu m’as déçue […]. Tu n’es rien sans eux", écrit-elle, dénonçant une forme de fermeture qu’elle juge contraire à l’héritage occitan.
Dans un passage particulièrement fort, l'interprète de La femme chocolat interpelle directement sur la question de l’accueil des personnes en exil : "Comment peux-tu renier la mémoire de tes enfants et occulter la blessure de leurs exils en refusant d’accueillir celui qui aujourd’hui te supplie de ne pas le laisser mourir ?"
Habituée à mêler l'intime et les questions de société, Olivia Ruiz s'est souvent emparée de sujets qui lui tiennent à cœur. À travers ses romans, ses chansons ou encore le spectacle Bouches Cousues, elle a notamment mis en lumière l'histoire des exilés espagnols, les déracinements familiaux et la fraternité entre les peuples. Très investie également dans la libération de la parole des femmes, elle a récemment témoigné publiquement de violences qu'elle a subies de la part d'un collaborateur. "J’ai subi une soumission chimique de la part d’un collaborateur. C’était il y a moins de dix ans", confiait-elle ainsi à. La Tribune dans un article publié vendredi 1er mars 2026. Se rappelant aussi : "Quand j’avais 17 ans, un chef d’orchestre, un homme atroce qui avait pour habitude d’embaucher de jeunes chanteuses, avait tenté de m’agresser sexuellement". Un engagement qui éclaire aujourd'hui son plaidoyer en faveur de l'accueil des personnes exilées.
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