Le monde de l'audiovisuel a perdu l'un de ses piliers. Pendant plus de cinq décennies, Françoise Coquet a régné en maître sur la production télévisuelle française, alliant discrétion, exigence et esprit d'innovation.
Tout commence pour elle dans les années 60. La jeune femme fait alors ses armes en tant que monteuse sur une émission qui bercera des générations d'enfants : Bonne nuit les petits. Une expérience formatrice qui lui ouvre les portes d'une carrière hors du commun.
Mais le véritable tournant de sa vie professionnelle survient en 1964, lorsqu'elle croise la route de Michel Drucker. Entre eux, l'alchimie est immédiate et donne naissance à une collaboration qui marquera à jamais le petit écran. Dès 1982, elle prend les rênes de l'émission Champs-Élysées, un pari fou lancé par Antenne 2 qu'elle transforme en véritable succès populaire. Capable de s'adapter à toutes les époques, Françoise Coquet enchaînera ensuite les triomphes : Stars et Stars 90 dans les années 80 et 90. Le mythique Studio Gabriel (1995-1996). Et bien sûr, les indéboulonnables Vivement dimanche et Vivement dimanche prochain.
Un caractère en acier trempé
Derrière l'immense productrice se cachait une femme d'une "élégance qui ne s'affichait jamais" et dotée d'un "caractère en acier trempé", comme l'a si rappelé son ami Jacques Metges dans un hommage poignant publié sur Instagram.
Mais s'il y en a un pour qui la pilule doit être particulièrement difficile à avaler aujourd'hui, c'est bien Michel Drucker. Plus que de simples collègues, les deux complices nourrissaient une amitié fusionnelle. Le 21 février 2024, l'animateur star de France Télévisions lui avait d'ailleurs adressé une magnifique déclaration publique sur sa page Facebook, accompagnée d'une photo souvenir prise dans les jardins du Studio Gabriel.
"Sans son exigence et son talent rien ne serait possible", écrivait-il alors, avant de faire une révélation très touchante sur leurs liens : "Je la considère comme ma sœur jumelle - mon double. Nous sommes nés tous les deux le 12 septembre 1942...".
Une gémellité de cœur et d'esprit qui s'est éteinte aujourd'hui, laissant la télévision française orpheline de l'une de ses plus brillantes architectes.