Maria Franca Ferrero, veuve de Michele Ferrero et héritière du groupe Ferrero, est décédée le 12 février à son domicile d’Alba, dans le Piémont italien. Elle avait 87 ans. Figure discrète d’un des empires familiaux les plus puissants d’Europe, elle n’occupait pas de fonctions opérationnelles mais demeurait présidente d’honneur à vie du groupe et de sa fondation.
Née le 21 janvier 1939 à Savigliano, Maria Franca Ferrero avait étudié l’interprétariat à Milan avant d’être recrutée comme traductrice au sein de l’entreprise familiale en 1961. Elle y rencontre Michele Ferrero, fils du fondateur, qu’elle épouse un an plus tard. Le couple aura deux fils, dont Giovanni Ferrero, aujourd’hui à la tête du groupe. Leur aîné Pietro est décédé en 2011.
À la mort de son mari en 2015, alors première fortune d’Italie, elle hérite d’un géant de l’agroalimentaire réalisant plus de 18 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et employant des dizaines de milliers de personnes dans le monde. Restée en retrait, elle s’est surtout consacrée à des activités philanthropiques, saluées en 2024 par la plus haute distinction italienne.
La Première ministre Giorgia Meloni lui a rendu hommage, évoquant une femme "élégante et déterminée", symbole d’un capitalisme familial attentif à la dimension sociale. Sous l’impulsion de la nouvelle génération, le groupe a poursuivi son expansion internationale, multipliant les acquisitions pour renforcer sa présence, notamment aux États-Unis.
Connue pour sa grande discrétion, Maria Franca Ferrero avait traversé les décennies en observatrice privilégiée de la transformation d’une entreprise artisanale en multinationale. Comme le relèvent nos confrères de Paris Match, une anecdote révélatrice de son humour et de son sens de la modestie : dans une interview pour le magazine Corriere della Sera, elle avait avoué ne pas être une grande amatrice de chocolat, une confession qui surprend quand on pense à l’empire sucré dont elle était l’héritière.
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