Meurtre de Federico Aramburu : le principal suspect incarcéré
Publié le 3 avril 2022 à 16:00
Soupçonné d'avoir tué par balle l'ex-rugbyman Federico Martin Aramburu le 19 mars dernier à Paris, Loïk Le Priol a été mis en examen ce vendredi 1er avril au soir et incarcéré. L'homme de 27 ans était arrivé la veille à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, en provenance de Budapest et placé en rétention dans la foulée.
Meurtre de Federico Aramburu : le principal suspect incarcéré
Portrait de Federico Martin Aramburu Loïk Le Priol le 13 mai 2021 lors d'une manifestation du GUD La veuve Maria Aramburu - Obsèques de Federico Martin Aramburu (ancien rugbyman du Biarritz Olympique, tué par balles samedi 19 mars 2022 à Paris) en l'église Sainte-Eugénie à Biarritz, le 26 mars 2022. Loïk Le Priol le 13 mai 2021 lors d'une manifestation du GUD Obsèques de Federico Martin Aramburu (ancien rugbyman du Biarritz Olympique, tué par balles samedi 19 mars 2022 à Paris) en l'église Sainte-Eugénie à Biarritz, le 26 mars 2022.

Le militant d'ultradroite Loïk Le Priol, principal suspect dans le meurtre le 19 mars 2022 à Paris de l'ancien joueur international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, a été mis en examen pour "assassinat et détention d'armes" et incarcéré vendredi 30 mars a annoncé l'AFP. L'ancien militaire et membre du mouvement d'ultradroite Groupe Union Défense (GUD), âgé de 27 ans, avait été arrêté dans la nuit du 22 au 23 mars en Hongrie. Il est arrivé jeudi soir en France et a été placé en rétention avant d'être présenté à la justice vendredi.

Loïk Le Priol est soupçonné d'avoir tiré plusieurs coups de feu sur l'ex-rugbyman de 42 ans après une altercation dans un bar du VIe arrondissement de la capitale, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Arrivé au tribunal judiciaire de Paris vendredi matin, il a été présenté à la juge d'instruction chargée de l'enquête, qui lui a notifié sa mise en examen pour "assassinat". Une juge des libertés et de la détention a ensuite ordonné son placement en détention provisoire. La juge a motivé le placement en détention "sans surprise", eu égard notamment aux "versions qui doivent être confrontées" entre les suspects et le risque de "réitération" en raison d'un "parcours de violence".

Cheveux bruns coiffés sur le côté, moustache noire, Loïk Le Priol a relu attentivement ses déclarations avant de saluer ses deux avocats avec un sourire poli, à l'issue de la décision. "Mon client ne souhaite pas faire plus de déclarations que celles qu'il a faites dans le cadre des débats devant le juge", a dit l'un de ses avocats, Me Xavier Nogueras, à l'issue de l'audience. Ce dernier avait réclamé un débat à huis clos, estimant que la famille de son client subissait "des menaces de mort explicites par notamment des personnes qui se revendiquent de la communauté basque, de l'extrême gauche et de l'ultragauche". "C'est un véritable drame (...) il l'a reconnu comme tel au cours de son interrogatoire" par la juge, a ajouté Me Nogueras.

Fiché S

L'ex-commando marine, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt européen, avait été interpellé dans la nuit du 22 au 23 mars en Hongrie, au poste-frontière de Zahony alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Ukraine. Loïk Le Priol est connu pour sa radicalité et sa violence. Son ancrage à l'ultradroite lui vaut d'être "fiché S" par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ont indiqué à l'AFP des sources proches du dossier.

Dans cette enquête, deux autres personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire. Proche de Loïk Le Priol, Romain Bouvier, 31 ans, a été mis en examen pour "assassinat" et deux délits liés à la détention d'armes. Soupçonné d'avoir lui aussi tiré sur Federico Martin Aramburu, il a été écroué à la prison de la Santé à Paris. Une femme de 24 ans, présentée comme la petite amie de Loïk Le Priol, a elle été mise en examen pour "complicité d'assassinat". Elle est soupçonnée d'avoir conduit le soir des faits un véhicule appartenant au militant.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier doivent comparaître en juin devant le tribunal correctionnel de Paris pour "violences aggravées" contre un membre du GUD, qu'ils sont soupçonnés d'avoir roué de coups et humilié avec trois autres membres. Sous contrôle judiciaire dans cette affaire, ils avaient interdiction d'entrer en contact.

Par Samya Yakoubaly | Rédactrice
Cinéphile, elle adore regarder des bande-annonces et des moments historiques à la télévision. Le prochain James Bond ou le discours d’investiture de Barack Obama lui donnent les mêmes frissons.
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