Accueil
People France
People UK
People US
Tous les tags
Livenews
Royauté
Beauté
Mode
Cinéma
Golden Globes
Oscars
Festival de Cannes
TV
The Voice
Top Chef
Koh-Lanta
Pékin Express
Mariés au premier regard
Télé Réalité
Danse avec les Stars
L'Amour est dans le pré
Les Anges
Demain nous appartient
Plus Belle la Vie
Les Marseillais
Miss France
Musique
MTV Music Awards
NRJ Music Awards
Grammy Awards
Justin Bieber
Lady Gaga
Britney Spears
Danse avec les Stars
Photos
Vidéos
Stars
Mariage
Naissances
Enfants de stars
Justice
Divorce
Interviews

Victoires 2014 : Vanessa Paradis fragile, Stromae solide, une soirée décousue

Vanessa Paradis chantant La Chanson des vieux cons lors de la 29e cérémonie des Victoires de la Musique, au Zénith de Paris le 14 février 2014
122 photos
Lancer le diaporama
Vanessa Paradis chantant La Chanson des vieux cons lors de la 29e cérémonie des Victoires de la Musique, au Zénith de Paris le 14 février 2014

En choisissant d'investir la soirée du 14 février 2014, quitte à se dispenser de la présence de ceux qui seraient amoureux tout court en plus d'être amoureux de la musique, la 29e cérémonie des Victoires de la Musique faisait-elle raisonnablement le pari de raviver la flamme ? A défaut de coup de foudre, un regain d'affection était déjà un objectif important...

Traînant derrière elle des années de controverses et, côté audience, de vaches maigres dénotant le cruel et criant désintérêt des téléspectateurs, la principale cérémonie de récompenses musicales française menait une fois de plus une campagne de séduction pour tenter de reconquérir le coeur du public. En 2013, seuls 2,38 millions de téléspectateurs (11,5% de part de marché) avaient suivi la cérémonie retransmise par France Télévisions, semblant entériner un déclin inexorable (2,5 millions pour 12,6% part de marché en 2012, 2,6 millions pour 11,8 en 2011). Pari gagné pour ces Victoires de la musique 2014 qui ont attiré 3,1 millions de téléspectateurs, soit 15,8 % de part d'audience. C'est 700 000 téléspectateurs de plus que l'an passé, une bonne nouvelle pour France Télévisions.

Aux commandes, comme l'an dernier, Virginie Guilhaume, non plus épaulée par Laurent Ruquier, mais cette fois par Bruno Guillon. Avec une envie, proclamée dès l'entame de la soirée, celle de permettre "le rendez-vous de toutes les musiques".

Marquées par la triple consécration de Stromae et par le retour à sensation de Vanessa Paradis pour une troisième couronne d'Artiste féminine de l'année historique, les Victoires 2014 ont certes honoré leur voeu de proposer un cocktail musical eclectique et ont bénéficié de contribution louable d'artistes de premier plan, mais ne sont toujours pas parvenues à se soustraire à cette langueur qui semble les gangrener fatalement (à l'image d'interviews poussives de la charmante maîtresse de cérémonie, de toute évidence en manque, certes pas de bonne volonté, mais d'expertise musicale et d'inspiration). Faute d'une refonte massive...

29e Victoires de la Musique : ce qu'il y avait à voir et à entendre, à apprécier et à déplorer...

Première certitude : le générique n'a pas été dépoussiéré et est toujours le même thème emprunté, lourd d'une pompe anachronique. Par bonheur, Stromae, la star incontestable de l'année musicale et le grand favori pour rafler la mise avec ses six nominations (dans quatre catégories), se fait fort d'enlever les toiles d'araignée en pianotant d'emblée comme un forcené et en entraînant les spectateurs dans sa transe, histoire de faire sa fête à l'événement. Ta Fête, morceau du géant belge sur mesure pour dissiper les nuages de torpeur qui auraient eu tôt fait de s'amonceler sous le toit du Zénith de Paris, théâtre de la 29e cérémonie des Victoires.

Démarrage en trombe de Stromae

"Quel démarrage !", s'exclame, dans un préambule qui paraît hélas forcé, une Virginie Guilhaume volontaire et très en beauté, habillée en Zuhair Murad, tentant de communiquer son excitation de présenter ce qu'elle qualifie de "plus grand concert de l'année". Gare à ne pas survendre...

On apprend aussitôt que son acolyte Bruno Guillon, qui formait un binôme avec elle dans la bande-annonce "humoristique" (faire mine de confondre une guitare électrique et une batterie, est-ce réellement hilarant ?) de l'événement, va passer la soirée en coulisses - ce qui ne manque pas de nous rappeler le modèle "télé-crochet", pas forcément probant. La "petite souris" Guillon s'amuse de l'envers "cossu" du décor et promet de restituer à Michel Drucker un certain canapé rouge après la soirée. Mouais. En réalité, le sympathique animateur n'aura que trop peu de poids dans l'animation de la soirée pour être d'une quelconque aide à sa consoeur. Laquelle harangue alors la foule : "Les artistes ont le trac, je compte sur vous pour mettre l'ambiance." Ben voyons, s'il faut faire leur boulot, la soirée s'annonce longue.

Heureusement, les artistes, eux, honoreront parfaitement leur mission. Quelques instants après la mise en bouche électrisante de Stromae, Christophe Maé, l'un des chouchous du grand public et l'un des meilleurs vendeurs de disques, nominé deux fois (Album et Spectacle de l'année), investit les lieux avec son ambiance made in bayou, rapportée de la Nouvelle-Orléans, et son dernier single Ma douleur, ma peine. Chorégraphies, claquettes, claps de mains, on a quitté l'ambiance western du clip pour une atmosphère animée. Virginie Guilhaume, captivée par le numéro de claquettes qui vaut à Christophe Maé de finir en nage, promet d'essayer plus tard.

Quelques minutes après avoir ouvert le bal des 29e Victoires de la Musique, Stromae revenait, premier lauréat de la grand-messe des récompenses musicales françaises. Une Victoire, mais deux trophées puisque c'est en premier lieu pour le clip de l'année, l'incontournable Formidable, que le réalisateur Jérôme Guiot et lui sont primés. Mettant en scène l'artiste en pleine ivresse dans Bruxelles en conditions réelles, le clip de Formidable avait pour adversaires... Papoutai, de Raf Reyntjens pour Stromae, et I Love You, la fresque épique de Woodkid. "Je pense à toutes les galères, se souvient le Belge, que nous avons connues pendant ce tournage (...) Sans vouloir me jeter des fleurs, l'idée originale venait de moi, après il fallait la mettre en images, on ne s'improvise pas comédien (...) Le coup de fil à mon frère, qui m'a aidé à choisir, a été décisif : est-ce que c'était bien pour mon image qu'on me voie ivre dans la rue ? Il m'a dit : "on s'en fout de ton image, vas-y"." Avant de laisser Stromae repartir en coulisse (et troquer son gilet et son noeud papillon contre des équivalents colorés), Virginie Guihaume lui glisse la seconde Victoire accompagnant le prix, pour son réalisateur : "Ah, y en a 2 ? C'est bien, c'est bien organisé", lâche, amuseur, l'auteur de Racine Carrée.

Vanessa Paradis, métamorphosée et candide

Au rayon grandes révélations de l'année écoulée, Hollysiz fait déferler son sex-appel agressif et électrisant sur fond d'imagerie de stries rouges et blanches, son cabaret à elle, torride. "Qui s'y frotte, s'y pique", signale l'animatrice de France Télévisions, obtenant l'acquiescement de la chanteuse, qui, pas avare en énergie et confidences, ajoute : "Moi je suis danseuse à la base, donc quand on a la chance de jouer sur des plateaux comme ça, on a envie de faire un vrai show. J'avais huit bombasses avec moi."

Rivale de Cécile Cassel alias Hollysiz dans la catégorie Artiste interprète féminine de l'année, Vanessa Paradis, déjà détentrice de six Victoires, entre en scène avec son cavalier favori, Benjamin Biolay, auteur de huit des titres de son dernier album, Love Songs. Lui au piano, elle au micro, ce "vieux couple" entonne la bouleversante Chanson des vieux cons, et tandis qu'elle chante, on observe soigneusement la nouvelle coupe de cheveux, courte et permanentée, de Vanessa Paradis, audacieusement vêtue d'une robe généreusement fendue et très décolletée dans le dos.

Face à ces deux taiseux que sont Vanessa Paradis et Benjamin Biolay, Virginie Guilhaume se met en difficulté en tentant de leur soutirer quelques commentaires. Notamment en affirmant qu'avec l'album Love Songs, "on passe par toutes les émotions, c'est vraiment du rire aux larmes". Une analyse très personnelle... Elle essaiera encore "c'est votre plus grande tournée", ou "on vous dit sereine, décomplexée", sollicitant même Biolay sur ce point, sans grand succès. "C'était incroyable de recevoir toutes ces chansons aussi belles les unes que les autres", réagira quand même, dans une diction hésitante et candide, Vanessa Paradis.

Salvatore Adamo, c'est sa vie

Nominé avec l'album Love, Julien Doré entre en scène pour chanter l'amour avec Salvatore Adamo, en duo sur Laisse mes mains sur tes hanches. Doré, de sa voix de baryton et de ses oeillades enjoleuses, apporte à cette version son côté cabotin, séducteur. Anecdote plaisante, le dispositif de second écran de France 2 rappelle qu'en 2009, Julien Doré recevait des mains de Salvatore Adamo la Victoire de l'Album Révélation de l'année pour son album Ersatz.

Adamo, qui a célébré à la fois 70 ans et 50 ans de carrière, goûte pleinement la Victoire d'honneur pour laquelle on l'a fait venir au Zénith et s'émerveille encore de l'histoire du tube qu'il vient de chanter avec Julien Doré : "J'étais en culotte courte quand je l'ai écrit, et je suis étonné qu'on le fredonne encore aujourd'hui. Merci." Après avoir payé ses respects au gentleman Salvatore et avoir tenté de lui soutirer quelques mots de japonais, Virginie Guilhaume semble se souvenir de la présence de Julien Doré, qui patiente dans son dos, et se décide à le faire participer à la discussion. L'occasion pour les deux chanteurs, qu'une quarantaine d'années séparent, de se remémorer leur rencontre fortuite à Québec, moins fortuite à Bruxelles, avant que Julien Doré remette bien humblement la Victoire d'honneur promise à Salvatore Adamo. "Bravo, Salvatore Adamo, vous faites beaucoup pour la chanson française", commente platement la maîtresse de cérémonie, tandis qu'une ovation nourrie s'élève des tribunes. "Vous n'imaginez pas combien je suis heureux, s'émeut encore Adamo, de recevoir cette Victoire, de la part d'un pays qui avec la Begique et l'Italie fait partie de mon triangle de vie, de coeur. J'ai eu pas mal d'anges gardiens : je dédie cette victoire à mes parents, mon frères, mes cinq soeurs, mes enfants..." Et d'ajouter, avant de chanter C'est ma vie : "Merci à Pascal Nègre, qui m'a redonné la foi en notre beau métier. Tous ceux qui m'ont soutenu pendant les moments plus difficiles. Permettez moi de terminer en embrassant Giovanna et Tina, qui a eu la bonne idée de naître le jour où je passais pour la première fois à la radio, c'était un 14 février."

Via un message vidéo enregistré, M envoit un peu de son électricité depuis une... cuisine, où il interprète en acoustique et dans une ambiance potache son titre Faites-moi souffrir, en cadeau pour la Victoire qu'il vient de recevoir, celle du Spectacle de l'année.

En live au Zénith, c'est ensuite Nicola Sirkis et Indochine, un "vieux groupe qui fait de la musique de jeunes" dixit le principal intéressé, qui mettent l'ambiance avec College Boy. "Moi je suis nul en interview", avoue, catastrophé, Nicola. Il confiera tout de même : "On a une histoire d'amour avec le public dans un monde qui est surréaliste. Le fait d'être en tournée nous fait du bien".

Dédié par l'animatrice du jour au regretté journaliste rock Gilles Verlant, la Victoire de l'album rock de l'année atterrit dans les mains de Phoenix, en effectif réduit : "On voudrait vous remercier tous avec beaucoup de tendresse et d'amitié, déclare Laurent Brancowitz. D'habitude, on est quatre. Ils vous embrassent, d'ailleurs. Gros bisous." Et de renchérir : "Ah non, c'est pas fini." Parmi la foule des personnes importantes à remercier se glissent les quatre épouses des musiciens - dont Sofia Coppola, épouse de Thomas Mars, absent de la cérémonie -, mais également "trois de nos maîtres : Serge Gainsbourg, Jean-Pierre Léaud, et Jean Rochefort".

"Stromae, vous êtes plus connu que le Manneken-Pis, que Tintin : mon fils chante vos chansons"

Classe, suave et atemporel comme toujours, Etienne Daho entre en piste pour interpréter La Peau Dure, extrait de son album Les Chansons de l'innocence retrouvée récemment certifié disque de platine. La peau dure, il fait bien de l'avoir, car c'est Stromae qui revient pour rafler la Victoire dans la catégorie phare de l'artiste interprète masculin de l'année. Successeur de Dominique A au palmarès, Stromae commence à prendre ses habitudes en rejoignant Virginie Guilhaume : "Maintenant, je sais, le micro il est là." Et l'animatrice de tenter une accroche personnalisée : "En Belgique, vous êtes presque un Dieu vivant. Plus connu que le Manneken-Pis." "Non, pas plus connu que le Manneken-Pis", s'offusque l'auteur de l'album Racine carrée. "Plus connu que Tintin, mon fils chante vos chansons", tente alors l'animatrice, sans réellement plus de succès, avant de questionner son interlocuteur sur la gestation de son second album à succès : "Le titre me plaisait, il n'est pas de moi, il vient de mon beau-frère. Le photographe, c'est mon grand frère, le directeur artistique, c'est Luc, mon petit frère", explique avec délectation Stromae. Il entreprend alors d'énumérer ses remerciements, du label à la styliste. Et même... "Pol Pot", un test pour voir si son public a décroché, enchaînant avec un "je vous saoûle" qui déclenche l'hilarité. Une pirouette carrément... formidable.

Pendant ce temps-là, Bruno Guillon traîne devant un bar vide - CSA oblige -, et finit par s'occuper en posant des questions - dispensables - à Lilly Wood and the Prick (et non, the pricks, Virginie). Un live de Zaz plus tard, c'est au tour de Virginie Guilhaume de tenter l'aventure des questions hasardeuses, en demandant à la chanteuse ses impressions quant à sa récente escapade au Mont Blanc : "Une expérience incroyable, j'ai lâché plein de pierres, là-haut." Ah ? Bon. On apprend aussi que Zaz n'aime pas le champagne et a arrêté de boire pour sa tournée. Bien. Les deux femmes ont apparemment un message à délivrer, mais ça ne sort pas comme prévu... Et finalement, c'est Virginie Guilhaume qui s'y colle, évoquant la situation problématique des intermittents, dont le statut est menacé.

Julien Doré ramène un peu de légèreté et de dépaysement avec son Paris-Seychelles, qu'il agrémente d'un miaulement retentissant et achève en compagnie d'une chorale de petits garçons tatoués d'une croix celtique : "C'est tous mes enfants. Illégitimes ? Je sais pas... Il y a Axel, qui a joué dans mon clip. Tous les copains de l'album sont là, derrière vous, Virginie." Et cette dernière de bondir sur l'occasion de sortir la carte famille : "Merci les garçons, vous êtes très beaux avec ce Marcel. Je l'achèterai peut-être pour mon fils."

Racine carrée... ou cubique ?

Stromae ressurgit pour réaliser le hat trick avec la Victoire de l'Album de chansons. "On va parler précisément de cet album", entreprend la maîtresse de cérémonie, qui a déjà recueilli plus d'une confidence à propos de Racine Carrée. Agréable, l'artiste belge s'exécute et évoque sa prise de conscience, surgie lors de l'élaboration de cet album, que "la musique ne se fait pas seul" : "Quand on a un égo surdimensionné...", remarque-t-il, devant une Virginie Guilhaume qui s'enquiert de savoir si c'est son cas. "C'est un peu le cas pour être sur scène, comme ça." "Il faut que j'aille voir mon psy", répartit l'animatrice.

Loin de la Bolivie où a été tourné le clip de Sirens Call, le séduisant duo toulousain Cats on Trees profite de l'occasion de faire connaître son album "rêvé" à travers une prestation live qui transporte. En coulisses, Bruno Guillon passe un moment privilégié avec Zaz et lui demande, relevant qu'elle est habillée par Jean-Paul Gaultier, ce que cela lui fait de passer après Lady Gaga et Madonna : "Je m'en fous, c'est la robe qui m'intéresse", rétorque Zaz avec son franc-parler, avant de... lui faire sentir ses dents.

Puis, après une plaisante interprétation de Mes épaules par le stylé Albin de la Simone, Stromae revient pour une double dose de ses tubes, enchaînant Formidable et Papaoutai, ses deux titres en lice pour la Victoire de la Chanson de l'année, avec une petite surprise : un final de Papaoutai en version créole chaloupée et suave. Hélas, le bel effort du Belge est purement annihilé par un récapitulatif - bien superflu - des Victoires déjà décernées au cours de la soirée, accompagné de cette insupportable musique d'ascenseur...

"Il aime pratiquer le slam hors piste tel un funambule", annonce Virginie Guilhaume : il fallait reconnaître Grand Corps Malade, venu livrer une performance d'une grande élégance avec Asa et Ibrahim Maalouf à la trompette. Pour l'occasion, la maîtresse de cérémonie se fend d'une micro-interview en anglais de la somptueuse chanteuse, primée dans la catégorie reine des Victoires en 2011.

Passé un petit pépin de placement ("et je vais aller au centre-scène pour ça"), l'heure est venue d'accueillir les joyeux énervés de Shaka Ponk, qui, un an après la Victoire du Spectacle de l'année, héritent de celle du DVD de l'année. Et refont une démonstration de leur énergie démentielle.

English lesson, part 2 : l'hôtesse du soir se prend les pieds dans le disque de Kavinsky, rebaptisé par deux fois "outroune". Quoi qu'il en soit, Outrun récolte bien la Victoire de l'Album de musiques électroniques, en l'absence de son créateur. Mais Virginie Guilhaume, aux petits soins, l'affirme : "Je la garde précieusement, elle est pour vous, Kavinsky."

Après cette absence, une grosse présence, celle de La Femme. Le groupe propose une fresque déjantée et captivante, un ballet hypnotique, mondain et surréaliste avec son interprétation de Sur la planche. De quoi accréditer l'octroi de la Victoire de l'album révélation de l'année. "Ben, merci. Prout. Ben merci beaucoup. A toutes nos amoureuses. A nos mères. A nos pères aussi, parce qu'on serait pas nés sans eux. On remercie aussi l'amour et la création. Et ceux qui nous aiment, et même ceux qui nous aiment pas, on s'en fout" : le petit discours n'est pas conventionnel. Et le chanteur de se répandre en mercis éplorés et grandiloquents...

Johnny, ce héros si discret

Même loin de Paris, Johnny s'est invité à la fête et a mis un frein à l'hégémonie de Stromae. Dans la catégorie de la Chanson originale de l'année, celle décidée par le public, c'est lui, le Taulier, qui l'a emporté, avec la déchirante ballade 20 ans écrite pour lui par Christophe Miossec et David Ford. "Monsieur l'Anglais tirez le premier", dit Miossec à ce dernier, qui ne parle pas un mot de français et oblige Virginie Guilhaume à l'exercice périlleux de ka traduction instantanée. "Je voudrais remercier Miossec pour ses mots et Johnny Hallyday pour sa voix incroyable, sa performance, son sens artistique. Et les merveilleux gens de France pour leur bon goût. Vive la France (en français)." Miossec, lui, signale qu'il "faut voir Johnny au moins une fois en concert pour voir ce que ça fait", avant de glisser un mot de solidarité envers les intermittents, qui apportent "du bonheur". Depuis Los Angeles, où vit la famille de Johnny Hallyday, son épouse Laeticia a partagé sa joie, tweetant avec un cri de joie très graphique : "Cette victoire, c'est aussi la vôtre. Tu as toujours 20 ans, Johnny."

Ibrahim Maalouf, qu'on entend actuellement dans les salles obscures (il habille musicalement le biopic Yves Saint Laurent signé Jalil Lespert), revient en solo pour glaner, avec beaucoup d'émotion et un sourire fabuleux, la Victoire de l'Album de Musiques du monde. "J'ai grandi dans la musique classique, la musique arabe. J'ai eu beaucoup de chance de faire des belles rencontres ces dernières années, dans le rock, dans la pop. Mes albums sont dispo dans les bacs jazz, et aujourd'hui on me remet la Victoire des Musiques du monde, c'est génial. Et ce qui est cool, c'est que c'est un instrument qu'on récompense aujourd'hui, c'est fantastique", témoigne-t-il, avant d'offrir une nouvelle démonstration de son talent avec le morceau True Sorry, ovationné.

Les rappeurs de 1995 envahissent ensuite la scène avec des fumigènes pour fêter leur Victoire de l'album de musiques urbaines - non sans omettre de déclarer au passage leur amour à leurs mamans.

Christine and the Queens s'empare de la scène après eux et l'avale tout entière avec ses chorégraphies dictées par Michael Jackson et son esprit de performeuse flamboyante. "Quand j'écris une chanson, je pense aussi à la chanter sur scène et la danser, c'est pour ça que je suis essouflée", décrypte-t-elle pour ceux qui ne connaissent pas le phénomène.

Après quelques minutes désertées, marquées par un hommage à Jean-Louis Foulquier (créateur des Francofolises, à en croire la prononciation de la maîtresse de cérémonie...), la remise de la Victoire de la Révélation scène à un Woodkid absent pour cause de concert, et le traditionnel magnéto à la mémoire des défunts de l'année précédente, Lilly Wood and the Prick fait remonter la température avec California, morceau servi avec tenue de meneuse de revue brésilienne - chapeau à plumes démesuré et poitrine apparente sous de la résille.

Vanessa Paradis, pour l'histoire

Point d'orgue de ces 29e Victoires de la Musique, Vanessa Paradis réapparaît pour prendre possession de sa troisième Victoire de l'artiste interprète féminine de l'année, une performance record. En 1990, blottie dans les bras de Serge Gainsbourg, elle savourait pour la première fois cet honneur, avant de recevoir la distinction à nouveau en 2008.

"Je vous remercie beaucoup. Ca me fait très plaisir. Chanter est une des choses que je préfère faire au monde. Je voudrais remercier le public qui me suit depuis toujours, et ceux que j'ai retrouvés plus récemment. Je veux remercier mes parents et ma soeur pour leur soutien inconditionnel, et partager cette victoire avec le si talentueux Benjamin Biolay. Et je dédie cette Victoire à mes enfants."

Sur ces belles paroles et cette belle émotion, le grand raout de tous les intervenants de la soirée s'organise, et Virginie Guilhaume met fin à la manifestation, dans une tirade marathon qui la laisse à bout de souffle. Un peu comme les Victoires.

Abonnez-vous à Purepeople sur facebook
×

Téléchargez l'application et recevez les alertes de la rédaction en temps réel