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Virginie Despentes, libérée par son homosexualité, évoque l'alcool et la drogue

Virginie Despentes, libérée par son homosexualité, évoque l'alcool et la drogue

Synchro ou presque. En 2010, Virginie Despentes publiait Apocalypse bébé et décrochait le Prix Renaudot tandis que Michel Houllebecq obtenait le prestigieux Goncourt pour La Carte et le territoire. Cinq ans plus tard, ils font tous les deux l'actualité littéraire de ce début d'année avec leurs nouveaux romans. La polémique déclenchée par Soumission (Flammarion) et les récents attentats parisiens, dans lesquels il a perdu son ami l'économiste et chroniqueur de Charlie Hebdo, Bernard Maris, ont contraint Houllebecq à mettre un terme à la promotion de son roman. Despentes, quant à elle, livre le premier tome de Vernon Subutex, un grand roman sur la nostalgie. L'auteure de Baise-moi a changé et, sans renier ce qu'elle a été ou écrit, évoque son homosexualité, les femmes, la création, l'alcool et l'âge...

Subutex pour tous

Télérama, ELLE, Les Inrockuptibles ou GQ, les grands magazines s'arrachent Virginie Despentes pour la sortie chez Grasset de Vernon Subutex. Avec Frédéric Taddeï dans GQ, elle revient sur son coming-out il y a dix ans : "Ça a changé mon regard sur les hétéros de manière générale, filles et garçons. Et ça, je ne m'y attendais pas. Par exemple, pendant dix ans je ne pouvais plus lire un magazine féminin. Pas parce que les féminins parlent des femmes hétérosexuelles. Mais parce qu'ils ne parlent que de leur hétérosexualité." Dans Les Inrocks, elle va plus loin encore et évoque la philosophe queer Beatriz Preciado dont elle a été la compagne : "Devenir lesbienne a changé quelque chose pour moi, parce que j'ai rencontré Beatriz qui ne se vit pas comme une femme intellectuelle, mais qui a la mégalomanie d'un homme, au bon sens du terme. Ça m'a beaucoup aidée. Il y a un lien évident entre création et homosexualité pour les femmes (...). Alors que l'hétérosexualité peut te tirer vers le bas en tant que créateur. Pour moi, c'est quand je suis devenue lesbienne que j'ai compris à quel point c'était important. Ça libère vraiment un truc. Tu t'autorises plus." Celle qui signait en 2006 l'essai coup de point King Kong Théorie estime n'avoir plus peur de réussir : "Les femmes, on leur déconseille encore fortement de prendre le pouvoir, c'est moins séduisant, déclare Virginie Despente aux Inrocks. Être lesbienne m'a mise à l'aise avec le fait de réussir des choses. Alors qu'en tant qu'hétéro, ça me mettait mal à l'aise dans la séduction avec les hommes. Si ça te valorise auprès de la fille avec qui tu es, ou d'autres filles, ça devient soudain un plus. Alors qu'avant, le succès, c'est comme si tu avais six kilos de trop."

Les sports

Autre changement sérieux dans la vie de l'écrivaine, sa décision il y a quinze ans d'arrêter l'alcool. Celle que l'on imagine volontiers grande gueule se découvre alors une "timidité quasi pathologique". "La personne timide en moi, il n'y a plus qu'elle aujourd'hui, dit-elle aux Inrocks. (...) Je ne crois pas du tout au truc qu'il faut aller mal pour écrire. Être sensible me paraît bien. Arrêter de boire et trouver plus de calme, ça a été une vraie décision pour écrire." Elle a dû s'adapter à cette nature qu'elle se découvrait, mais plus de calme ne signifie pas forcément aucun écart de conduite. Prenons la drogue par exemple : "La drogue est un sport extrême, remarque-t-elle dans GQ. Il faut un corps de jeune pour que ce soit drôle. Je me drogue encore parfois pour danser toute la nuit... mais je ne vais pas danser toutes les semaines."

On en vient à la question de l'âge que Virginie Despentes aborde dans son roman (à travers un héros, vendeur de disques, qui se retrouve SDF à l'aube de la cinquantaine) et dans ses interviews. Despentes, qui a 45 ans, écrit que "passé 40 ans, tout le monde ressemble à une ville bombardée" : "L'âge est devenu mon obsession, reconnaît-elle dans GQ. Il y a plein de gens, quand je le les revois, c'est un choc. Pas tous, mais quand même, la vie c'est une succession de coups durs. Même les plus privilégiés subissent beaucoup de déceptions." Virginie Despentes estime dans Les inrockuptibles faire partie des chanceux : "Je ne m'attendais pas à ce que ma vie soit aussi bien. Il y a une énorme angoisse chez moi, je ne pas quoi en faire, mais en même temps je sais que ces dernière années j'ai eu beaucoup de chance. Oui, je crois à la chance."

"Vernon Subutex, 1" de Virginie Despentes, Grasset, le 7 janvier 2015 en librairies.
Les Inrokuptibles, en kiosques le 7 janiver 2015.
GQ, février 2015.

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