Depuis près de trente ans, Florent Pagny mène une double vie. Entre ses passages dans The Voice, le chanteur de 64 ans a fait de la Patagonie son refuge. Mais cette retraite au bout du monde est loin de faire l'unanimité.
C'est en suivant sa femme, Azucena Caamaño, peintre et ancien mannequin argentin qu'il accompagne depuis 1993, qu'il a posé les yeux pour la première fois sur cette région sauvage. Le coup de foudre a été immédiat. Le couple y élève ses deux enfants, Inca et Aël. Mais derrière cette image de havre de paix se cache une réalité plus conflictuelle.
Mercredi 3 juin 2026, dans l'émission La Terre au Carré sur France Inter, Moira Millán prenait la parole. Cette écrivaine de 56 ans et weychafe mapuche, terme qui signifie "gardienne des peuples et de la terre", milite depuis des années pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones. Et elle n'a pas mâché ses mots concernant l'installation du chanteur français. "Là où Florent Pagny s'est installé, c'était un lieu sacré de cérémonie, on n'y avait jamais rien bâti parce que là, il y a des forces spirituelles qui protègent l'eau et le système de l'eau. Lui, il a juste vu un très bel endroit et il a décidé de construire une maison", a-t-elle révélé.
"Pendant très longtemps, les communautés mapuches ont demandé à pouvoir accéder à cet endroit pour faire leurs cérémonies et ça ne leur avait pas été accordé", a assuré la militante au micro de France Inter.
Le peuple mapuche, dont le nom signifie littéralement "peuple de la terre", habite la Patagonie depuis plus de quatorze mille ans. Leur rapport à la terre est une question spirituelle. Et c'est précisément ce que Moira Millán dénonce. "Je pense qu'il y a quelque chose qui est lié avec une idée colonialiste et suprémaciste qui habite encore les occidentaux, ils arrivent dans ces territoires lointains avec une certaine arrogance", a-t-elle affirmé. La situation aurait toutefois évolué. "Mais il y a peu, il semblerait que les Mapuches aient pu davantage dialoguer avec lui", a-t-elle assuré.
En 2017, le chanteur avait ouvert les portes de sa propriété aux journalistes de 50' Inside. Une maison sobre, nichée non loin du lac Cholila, entourée de montagnes. "Rouler trois heures sur une route sans croiser une seule voiture, je n'ai jamais vu ça ! On ne se réveille pas avec les mêmes motivations qu'à Paris", confiait alors Florent Pagny . Ce qu'il présentait comme une liberté retrouvée, d'autres le vivent comme une intrusion.