C’est une histoire digne d’un scénario de film que le généalogiste successoral Guillaume Roehrig est venu raconter au micro du podcast LEGEND, animé par Guillaume Pley. Une affaire de gros sous, de très gros sous, qui met en lumière les rouages parfois impitoyables de la fiscalité française. Tout commence par une annonce fracassante : une vieille dame de 97 ans, résidant au fond de la France, se retrouve propulsée unique héritière d'une cousine lointaine. Le montant du pactole ? Un chiffre vertigineux de 40 millions d'euros.
Pour l'occasion, le chasseur d'héritiers prend toutes ses précautions afin d'éviter le choc cardiaque. Il se déplace ainsi escorté d'un médecin et du directeur de l'établissement. Mais au moment de lui lâcher le montant de la fortune, la réaction de la nonagénaire prend tout le monde de court. Loin de s'effondrer, la vieille dame, pourtant alitée mais très agile d'esprit, explose de rire. Connaissant parfaitement les règles fiscales, sa première pensée va immédiatement au président de la République en ironisant sur le fait qu'elle s'apprête à faire un "beau cadeau à Macron".
Derrière cette anecdote incroyable se cache une réalité fiscale stricte. En France, le montant des taxes prélevées par l'État dépend directement du degré de parenté entre le défunt et l'héritier. Plus le lien de sang est éloigné, plus le taux d'imposition s'envole, pouvant atteindre des sommets vertigineux sans un travail d'optimisation en amont. Dans le cas d'un cousinage lointain, au-delà du quatrième degré, la sentence est immédiate et sans appel.
La suite des événements donne rapidement raison à la presque centenaire. En raison de son lien de parenté éloigné avec la défunte, l'administration fiscale applique le tarif maximal : un prélèvement direct de 60 %. En un éclair, l'État empoche la part du lion avec 24 millions d'euros de droits de succession, ne laissant "que" 16 millions d'euros à la bénéficiaire.
Mais le véritable coup de grâce de cette affaire intervient quelques mois plus tard. Fatiguée et n'ayant plus qu'une seule envie, celle de s'éteindre, la vieille dame prend soin de rédiger son testament avant de mourir, décidant de léguer le reste de sa fortune à son neveu.
C'est à ce moment précis que la machine à cash de l'État s'emballe une seconde fois. Pour pouvoir récupérer l'argent de sa tante, le neveu se retrouve à son tour taxé de plein fouet à hauteur de 55 %. En l'espace de deux transmissions successives, la somme d'origine s'est littéralement volatilisée. Sur les 40 millions d'euros de départ, le fisc a puisé deux fois dans la caisse, réalisant ce que Guillaume Roehrig qualifie sans détour de "boucherie fiscale". Une histoire spectaculaire qui rappelle qu'en France, l'administration fiscale reste bien souvent le premier et le plus gourmand des héritiers.
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