"Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Je l'ai toujours dit". C'est avec cette célèbre phrase de Jacques Chirac, dérivée d'un proverbe populaire, que Laurent Ruquier a terminé sa longue tirade. Vendredi 13 mars, dans son émission diffusée sur T18, l'animateur s'est platement excusé auprès de l'un des acteurs les plus en vue du cinéma français : Benjamin Lavernhe.
Comme beaucoup de téléspectateurs, l'ancien compagnon d'Hugo Manos a été époustouflé par sa présentation de la dernière cérémonie des César. "Je dois dire qu'il m'a scotché, bluffé", a reconnu Laurent Ruquier. Il dit être resté bouche bée devant cette "performance de Benjamin Lavernhe, absolument incroyable en tant que danseur, showman, acteur" qui a offert "15 minutes d'ouverture de folie" lors de cette grand-messe du 7e art.
"Pardon Benjamin Lavernhe. Je m'en veux", a lancé Laurent Ruquier. S'il a voulu faire son "mea culpa", c'est parce qu'il n'a pas toujours compris le succès rencontré par le comédien de 41 ans, nommé aux César à cinq reprises pour ses rôles. "Il y a encore deux ou trois ans, je vais être très honnête, j'avais un avis, non pas négatif, mais on va dire que j'étais indifférent", s'est souvenu l'animateur de Chez Ruquier. En cause ? Plusieurs des films de Benjamin Lavernhe, dont Le Discours, qui l'avait "emmerdé".
"Je n'avais pas compris pourquoi, après d'autres acteurs, il était devenu à la mode. Parce que c'est comme ça : le cinéma français, d'un coup, vous voyez un acteur quasiment dans tous les films", a pesté Laurent Ruquier avant de citer un autre rôle emblématique, bien que décrié depuis les accusations : "Je l'ai même vu jouer l'Abbé Pierre, alors qu'il y avait déjà eu l'Abbé Pierre avec Lambert Wilson. Je me suis dit : 'tiens, peut-être que c'est la version porno'. Mais même pas". Dans la suite de son monologue, Laurent Ruquier a essayé de "ne pas être méchant" mais sincère.
"Je le trouvais un peu 'fadouille'. Pas un premier rôle. Et je me demandais ce que le cinéma français pouvait bien lui trouver, a-t-il continué. Puis c'est vrai que j'ai tendance à me méfier des modes chez les acteurs. Bref, j'ai été con. Le tout, vous allez me dire, c'est de s'en rendre compte !" Ce qui lui a fait changer d'avis ? La cérémonie des César donc, mais aussi En fanfare, le long-métrage du réalisateur Emmanuel Courcol.
"Au départ, je ne voulais pas aller le voir. Je me suis dit : 'un film sur les fanfares, avec Benjamin Lavernhe en plus...', s'est-il souvenu. Puis un jour, j'ai pris l'avion, il y avait 12 heures de vol. (...) Et là, j'ai vu un film incroyable, un acteur exceptionnel. Et je me suis dit, non pas que j'étais con, mais que j'étais un gros con !" Cette année, Laurent Ruquier aura l'occasion de voir son nouvel acteur préféré dans deux films : De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat et Les Misérables de Fred Cavayé.
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