Révélée au grand public sur le plateau du Grand Journal au milieu des années 2000, Louise Bourgoin s'est rapidement imposée comme une actrice incontournable du cinéma français. A 44 ans, celle qui a brillé dans La Fille de Monaco, Adèle Blanc-Sec ou encore la série Hippocrate multiplie les projets sur le grand comme sur le petit écran. Pourtant, derrière la caméra, l'ancienne étudiante des Beaux-Arts de Rennes cache une autre grande passion de longue date : le dessin. Une activité plus méconnue de son public sur laquelle elle vient de se confier en toute transparence.
C'est à travers une interview vidéo publiée sur le compte Instagram du magazine Marie Claire que cette mère de famille - elle est maman de deux enfants, Etienne et Vadim, nés en 2016 et 2020 - a accepté d'évoquer son travail de plasticienne. Régulièrement interrogée sur la nature très charnelle de ses œuvres, elle a tenu à clarifier ses intentions avec une grande franchise : "Ce sera peut-être une réponse décevante, mais je ne cherche pas fatalement à exciter la personne qui va regarder mon dessin." L'artiste détaille ensuite sa démarche créative, bien plus technique et géométrique qu'il n'y paraît. "Je cherche plutôt à imbriquer des corps et à ce que ça constitue une composition qui se tienne, qui soit suffisamment équilibrée pour que ça me convienne. Et j'aime beaucoup aussi perdre le regard du spectateur dans une sorte de labyrinthe de lignes, de corps. J'aime bien aussi qu'il se demande à qui appartient cette jambe, à qui appartient ce pied. J'aime bien un peu étourdir l'œil", explique-t-elle à nos confrères.
Loin d'opposer ses deux carrières, Louise Bourgoin y trouve au contraire une véritable réflexion commune. "Le point commun entre le jeu et le dessin, je dirais que c'est, par exemple, quand on fait le portrait de quelqu'un en dessin, il ne faut surtout pas représenter l'idée que l'on se fait de la chose mais vraiment ce qu'on a devant soi. Et parfois quelque chose qui nous semble particulièrement pas réaliste, va l'être au contraire. C'est exactement la même chose dans le jeu", analyse-t-elle avec finesse. Forte de cette double casquette, celle qui possède un appartement parisien mais aussi une demeure en bord de mer a d'ailleurs été choisie pour être la présidente du jury du prix Her Art, organisé en résonance avec la célèbre foire Art Paris au Grand Palais. Un rôle très important à ses yeux, destiné à valoriser le travail des créatrices dans un milieu souvent inégalitaire : "70% des étudiants dans les écoles d'art sont des filles. Et elles sont seulement 26% en galeries. Donc il y a besoin d'aider beaucoup d'artistes femmes. Je trouve ce prix formidable. Il y a 30 000 euros reversés à une artiste contemporaine pour la faire émerger." Un engagement salué.
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