Le monde de la culture est en deuil. Marjane Satrapi, autrice et réalisatrice franco-iranienne, est décédée jeudi 4 juin, à l'âge de 56 ans. Ses proches ont annoncé sa disparition dans un communiqué : elle est "morte de tristesse un peu plus d'un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l'amour de sa vie."
En 2000 elle explose, avec la publication de Persepolis aux éditions L'Association. Cette bande dessinée autobiographique, en quatre volumes, retrace son enfance sous la révolution islamique et ses années d'exil. Plus d'un million d'exemplaires sont vendus en France. Elle enchaîne avec Broderies puis Poulet aux prunes, qui décroche le prix du meilleur album à Angoulême en 2004. Elle se tourne ensuite vers le cinéma. Le dessin animé Persepolis est même primé à Cannes en 2007.
Derrière cette brillante carrière, un homme : Mattias Ripa. Économiste de formation, né en Suède, il rencontre Marjane lors d'une année d'échange universitaire à Paris. Un an plus tard, ils se marient. Ils ne se quitteront plus. Il devient producteur, acteur, co-scénariste. Mais le 8 avril 2025, Mattias Ripa s'éteint à 53 ans. Marjane avait partagé sa douleur dans un faire-part transmis au Monde et au Figaro : elle évoque "l'homme et l'amour de ma vie […] après trente et une années d'une merveilleuse vie commune."
© Instagram
Quelques jours après ce deuil, le 21 avril 2025, elle publie sur son compte Instagram, suivi par plus de 87 000 personnes, une série de photos formant une phrase : "For I lost the love of my life Mattias", soit en français : "Car j'ai perdu l'amour de ma vie, Mattias." Sur le mot "Mattias", une photo de son mari disparu.
En février dernier, elle avait pourtant semblé vouloir regarder devant elle. Elle annonçait la création de la "Fondation pour le cinéma Mattias et Marjane Ripa-Satrapi", destinée à soutenir des étudiants étrangers souhaitant étudier le cinéma à Paris. "Cette fondation est la suite logique de tout ce que mon mari et moi avons défendu toute notre vie", écrivait-elle.
Pour l'heure, les causes exactes du décès de Marjane Satrapi n'ont pas été rendues publiques. Mais le fait de "mourir de tristesse", comme l'ont annoncé ses proches, peut s'apparenter au syndrome de Takotsubo, aussi connu sous le nom de "syndrome du cœur brisé", ou à une dépression profonde, comme le note 20 Minutes.