À Cannes, Mosimann n'est pas venu que pour mixer. Le DJ de 38 ans a multiplié les apparitions sur le tapis rouge cette année, avec à chaque fois une silhouette qui a retenu l'attention. Pour la montée des marches de Sanguine, il optait pour un ensemble long noir très structuré : veste kimono en velours sur une chemise blanche, jupe longue et boots chunky, le tout couronné de lunettes serties de cristaux. Quelques jours plus tard, pour Karma, virage radical vers le blanc : costume oversize aux larges revers, pantalon à pattes d'éléphant et ceinture à boucles métalliques, t-shirt noir graphique en guise de dessous. Deux looks, deux univers, une seule constante : une vraie prise de risque.
Ce n'est pas le fruit du hasard, mais d'une démarche pleinement assumée. "Je trouverais cela un peu présomptueux de dire 'je connais la mode'. Je fais confiance à la styliste pour qu'elle me dise 'viens, on fait des trucs, on ose des trucs cette année'.", a-t-il expliqué lors d'une interview accordée à Karima Charni pour Ode ( tournée au Loft Akili Mirari by @akilipartners et dans laquelle il s'est d'ailleurs également confié sur son rapport au succès). Derrière ces tenues, une complice : sa styliste donc, à qui il laisse carte blanche. "J'ai l'impression que, de la même manière que quand on est sur scène, Cannes c'est aussi un moment où il faut savoir prendre des risques."
Ce rapport à la mode, l'ancien gagnant de la Star Academy le vit comme une extension naturelle de son rapport à la scène : instinctif, émotionnel, jamais calculé. "Je veux absolument être habillé par des gens qui ont envie de casser les codes, de se sentir libres." Deux noms incarnent cet idéal pour lui : Yohji Yamamoto, "pour ce qu'il a apporté avec cette mode très japonisante dans un monde occidental, qui est venue casser les codes", et Jeanne Friot, créatrice française en pleine ascension. "J'ai son bombers, j'adore cette créatrice. Elle casse les codes. Je me sens aligné avec tout ce qu'elle défend humainement."
Pour incarner cet univers sans passer par la case tapis rouge, quelques pièces s'imposent naturellement. Chez Yohji Yamamoto Pour Homme, la veste col roulé à fentes latérales (disponible sur Lyst et Miinto, ~2 219 €) concentre tout ce que Mosimann décrit : volume, asymétrie, noir absolu, rien de superflu. Dans un registre plus accessible, la ligne unisexe Ground Y by Yohji Yamamoto propose des pantalons larges fluides (disponibles sur theshopyohjiyamamoto.com, ~400-600 €) qui rappellent directement l'esprit du costume blanc oversize porté pour Karma.
Chez Jeanne Friot, les bombers satin à détails boucles et rivets (disponibles sur jeannefriot.com et au Printemps, ~300 €) sont exactement ce que le DJ affectionne : des pièces produites en série limitée à partir de matières recyclées, portées comme un manifeste autant qu'un vêtement. Pour les amateurs de déconstruction plus radicale, Comme des Garçons Homme Plus et sa collection "Black Hole" AH26 — dos évidés, dentelle structurelle, architecture mise à nu — est disponible sur SSENSE et joue dans la même cour avant-gardiste que le look Sanguine. Enfin, pour ancrer n'importe laquelle de ces silhouettes dans quelque chose de plus fort, les boots plateforme Tractor en cuir noir de Rick Owens (disponibles sur serie-noire.com et au Printemps, ~900-1 100 €) s'imposent comme une évidence.