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''Abus de faiblesse'' : Kool Shen manipule Isabelle Huppert

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Au mois de janvier 2011, on apprenait que Catherine Breillat, romancière, réalisatrice et scénariste française, planchait sur un projet intime, douloureux et aux accents de scandale :
l'adaptation de son ouvrage Abus de faiblesse, paru en 2009. Dans ce livre, elle affirmait avoir été victime d'une escroquerie de la part de Christophe Rocancourt, qui, profitant de son handicap et de sa faiblesse provoqués par un infarctus en 2004, lui aurait soutiré des chèques pour un total de près de 1 million d'euros. Condamné le 17 février 2012 à 16 mois de prison, dont huit ferme, ainsi qu'à 578 000 euros de dommages et intérêts pour abus de faiblesse au préjudice de la réalisatrice Catherine Breillat. En interview pour Cineuropa.org, la cinéaste vengeresse aborde ce sujet et le film, avec Isabelle Huppert et Kool Shen, dont on découvre la bande-annonce...

Dans Abus de faiblesse, Isabelle Huppert incarne la réalisatrice d'Une vieille maîtresse. Pour le personnage de Christophe Rocancourt, Catherine Breillat choisira Kool Shen, moitié de NTM. Comme son complice JoeyStarr, il se lance dans le cinéma. Un casting que Catherine Breillat justifie avec passion : "Je l'ai choisie [Isabelle Huppert] parce que j'ai en elle une confiance aveugle." Chez Kool Shen, qui semble loin de l'image du gigolo escroc du livre, c'est justement cette différence qui lui a plu : "J'ai pensé qu'à l'écran, l'histoire fonctionnerait mieux avec un personnage qui occupe bien l'espace, une figure plus brutale, dans un sens, voire violente. Je voulais aussi marquer davantage la distance physique entre l'homme et la faiblesse du personnage féminin."

Comment Catherine Breillat a-t-elle pu se retrouver dans une telle situation, "escroquée" par un homme à qui elle avait donné son affection ? À Cineuropa.org, elle raconte : "D'une certaine manière, c'est un homme qui faisait montre de sentiments authentiques, et qui a été le meilleur soutien possible pour une personne dans ma situation – car après l'infarctus, j'avais besoin d'une assistance physique."

La réalisatrice justifie également son choix de faire un film après un livre, abordant un sujet qui l'a abîmée : "Écrire un livre permet de développer un récit complexe, mais plus linéaire que dans un film. Au cinéma, le recours à l'image offre la possibilité de raconter au même moment une chose et son contraire. Cette double lecture me semblait essentielle pour cette histoire que le public a lue dans la presse et dans mon livre, mais sans pouvoir comprendre ce qui s'est vraiment passé."

"Abus de faiblesse", en salles le 12 février 2014

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