En 2024, lors des Jeux olympiques de Paris, Léon Marchand affolait les compteurs. Le nageur de 22 ans, arrivé sur la pointe des pieds, raflait quatre médailles d'or sur ses quatre courses individuelles, avant de décrocher le bronze avec le relais français du 4x100 m quatre nages. Il devenait ainsi le meilleur nageur du monde, mais aussi le sportif français le plus titré sur une même édition des Jeux, s'emparant au passage des quatre records olympiques des épreuves dans lesquelles il a été sacré. Des exploits qui avaient déclenché une telle frénésie que la tenue d'une finale olympique dans un tout autre sport, l'escrime, en avait été perturbée.
Depuis, le champion est retourné aux États-Unis pour poursuivre son entraînement avec Bob Bowman, tout en obtenant son diplôme d'ingénierie informatique à l'Arizona State University. Il s'est aussi confié dans le documentaire Léon, au-delà de l'or, coréalisé par son père Xavier Marchand et disponible depuis le 10 juillet sur France.tv. On l'y découvre racontant une anecdote aussi improbable que révélatrice : à peine vingt-quatre heures après avoir marqué l'histoire du sport français, il a perdu l'une de ses médailles d'or. Une mésaventure sans doute liée à la fatigue, au terme d'une journée passée au Club France après avoir passé près de quatre heures à enchaîner les interviews.
"Il y a un gars qui nous a ramenés en voiture de golf. Sauf que j'avais la médaille dans la poche. On s'est retrouvés dans le taxi, et je suis là : 'P**, mais la médaille !'"*, raconte Léon Marchand dans ce documentaire en mimant la scène. Heureusement, le précieux trophée a rapidement été retrouvé. "Le gars de la voiture de golf a halluciné. Il a gardé la médaille, il nous l'a ramenée", poursuit-il.
Si certains sportifs exposent fièrement leurs trophées, le nageur, aujourd'hui âgé de 24 ans, entretient un rapport beaucoup plus détaché avec ses récompenses. "Ça n'a jamais été important. Je n'ai jamais gardé les trophées. La médaille d'or, je ne sais même pas où elle est", confie-t-il. Pour lui, ce ne sont pas les récompenses qui donnent du sens à sa carrière. "Ce n'est pas le goût de l'or, c'est le goût du voyage, de l'aventure, tout ce concept d'aller quelque part sans savoir où l'on va. Non, le goût de l'or, ça ne vaut pas le coup !", conclut-il. Une réflexion qui en dit long sur son rapport à ses accomplissements sportifs.
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