"La bataille avec mon sang". À seulement 35 ans, la petite-fille d'un ex-Président emblématique vit ses derniers mois. Dans un texte bouleversant publié dans le New York Times ce 22 novembre, jour où son grand-père John Fitzgerald Kennedy a été assassiné en 1963, Tatiana Schlossberg révèle être atteinte d'un cancer incurable. Après la naissance de sa fille en mai 2024, les médecins ont diagnostiqué à l’autrice une leucémie myéloïde aiguë avec une mutation rare connue sous le nom d’inversion 3, une anomalie génétique.
"Quand vous êtes en train de mourir, du moins dans mon expérience limitée du sujet, vous commencez à vous souvenir de tout. Les images reviennent sous forme de flashs – les gens, les endroits, les conversations – et cela ne s'arrête jamais", commence-t-elle dans ce texte bouleversant. Lorsqu’elle a appris sa maladie, Tatiana Schlossberg n’y a pas cru. "Je n’étais pas malade. Je ne me sentais pas malade. J’étais même l’une des personnes les plus en forme que je connaissais", se souvient la jeune femme de 35 ans.
Dans son long essai, la petite-fille de John F. Kennedy raconte le parcours éprouvant de son traitement contre la leucémie : séances de chimiothérapie, deux greffes de moelle osseuse, deux essais cliniques… Elle révèle également avoir contracté une forme du virus d’Epstein-Barr au mois de septembre dernier, une maladie qui a gravement endommagé ses reins. Elle dit aussi vivre ses derniers mois. "Lors du dernier essai clinique, mon médecin m’a dit qu’il pourrait peut-être me maintenir en vie pendant un an", écrit-elle.
Diplômée de Yale et d’Oxford, Tatiana Schlossberg est une journaliste spécialisée dans l’environnement qui a notamment travaillé pour le New York Times et a publié plusieurs ouvrages. Elle est la deuxième fille de l’ancienne ambassadrice des États-Unis, Caroline Kennedy, fille de l’ex-Président américain assassiné, et du créateur de mode Edwin Schlossberg. En 2017, elle a épousé l’urologue George Moran avant de donner naissance à deux enfants, un fils qui a trois ans et une fille de 18 mois. "Mes enfants ne se souviendront pas de moi. […] Mon fils peut avoir emmagasiné quelques bribes de souvenirs, mais il commencera sûrement à les confondre avec des photos qu’il verra ou des histoires qu’il entendra. Je n’ai pas eu la chance de m’occuper de ma fille. Je ne pouvais pas changer sa couche, ni lui donner un bain ou même la nourrir", regrette Tatiana Schlossberg.
Dans ce texte, elle a aussi réglé ses comptes avec son cousin, Robert F. Kennedy, le secrétaire d'État à la Santé de Donald Trump. "Bobby est connu pour son scepticisme à l’égard des vaccins et j’étais, moi, très inquiète de ne pas avoir accès au mien, ce qui me laisserait sans défense immunitaire, comme des millions de patients atteints de cancer, des enfants ou des personnes âgées", ajoute encore la journaliste, soignée dans les hôpitaux NewYork-Presbyterian et Columbia University Irving Medical Center. Cette annonce ajoute un nouveau drame à la lignée des Kennedy.
Depuis l’assassinat de John Fitzgerald, le sort semble s’être acharné sur la famille. En 1968, son frère Robert, ancien procureur général, a lui aussi été tué. Son fils David et sa petite-fille Saoirse sont morts d’overdoses, tandis que le fils de JFK est décédé dans un crash d’avion. La maladie incurable de Tatiana Schlossberg prolonge cette malédiction… "Toute ma vie, j’ai essayé d’être bonne, une bonne élève, une bonne sœur, une bonne fille, de protéger ma mère et de ne jamais la contrarier ni la mettre en colère, conclut-elle. Aujourd’hui, j’ai ajouté une nouvelle tragédie à sa vie, à la vie de notre famille, et je suis impuissante à l’empêcher."
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