Dans son adolescence, Isabelle Carré a eu des périodes très sombres jusqu'à vouloir en finir avec la vie. Invitée sur le podcast Kaavan, l’actrice de 54 ans est revenue sur cette période particulièrement troublée de sa vie, une épreuve qui, paradoxalement, lui a permis de se remettre en question et de retrouver sa force intérieure. Elle confie : "J'avais eu une déception amoureuse, en plus quelque chose d'assez brutal. Il y avait ce climat où tout le monde essayait de trouver une vérité pour moi, il y avait cette hyperémotivité, le sentiment aussi d'être un peu décalée, de ne pas être à ma place, de ne pas être faite pour l'école, pour la société telle qu'elle était... Enfin, je sais pas, un truc vraiment lourd."
Elle se remémore ensuite le moment où tout aurait pu basculer. "C'était un jour férié, et je savais que le lendemain, il faudrait retourner à l'école. Je me disais : ok, demain c’est mardi. Ce sont des choses que j’ai retrouvées dans mon cahier, parce que j’en tenais un à l’époque, et je l’ai retrouvé, ce cahier, où j’avais écrit : 'c’est mardi, après c’est mercredi, après jeudi, puis viendra le week-end avec le déjeuner du dimanche. Au secours, avec le poulet grillé tous les dimanches et les chips'. On se dit que ça ne s’arrêtera jamais. Ça revient sans cesse, toujours pareil, avec ce sentiment que rien ne changera, cette espèce de boucle qui tourne à vide. Et j’ai eu envie de sortir de là. Je me souviens très bien de la décision d’aller dans le placard et d’aller chercher des médicaments...", raconte-t-elle avec beaucoup de courage et de résilience.
Isabelle Carré a finalement trouvé la force de s’en sortir, en se souvenant qu’elle détenait encore, malgré tout, ce pouvoir de choisir. "Il me semble — je sais pas, peut-être que je me trompe — mais qu’il y a comme une petite bascule, où l’on peut quand même, à tout moment, dire : 'non, je ne vais pas faire ça'. Et c’est important de s’en souvenir.", a-t-elle déclaré.
C'était un truc somatique d’angoisse
Un an plus tôt, la femme de Bruno Pésery avait déjà été hospitalisée à la Maison de Solenn, à Paris, victime d’angoisses si violentes qu’elles la privaient littéralement de souffle. Elle confie : "Quand j’avais 13 ans, j’avais déjà été hospitalisée, et je n’arrivais plus à respirer. C’était complètement somatique. Je respirais plus. Il a fallu me mettre un truc d’oxygénation pendant une semaine parce que je respirais plus, je coupais ma respiration. Mais je le faisais même pas exprès, c’était un truc somatique d’angoisse, en fait.".
De cette traversée, elle garde la certitude qu’il y a, au fond de chacun, une lumière indestructible : celle du simple fait de pouvoir dire non, et de choisir, encore une fois, la vie qu'elle trouve désormais "magique".

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