Depuis avril dernier, l’image publique de Jean Imbert est au centre d’une tourmente. Le chef, révélé par la fameuse émission de M6, fait l’objet de témoignages accablants d’anciennes compagnes… Dans les colonnes du magazine Elle, plusieurs d'entre elles ont affirmé avoir subi de sa part des violences psychologiques, et parfois physiques. Parmi elles figure Lila Salet, qui a saisi la justice, ainsi qu'Éléonore, un prénom d'emprunt utilisé lors de la publication, dont l’identité s’est finalement révélée être celle d’Alexandra Rosenfeld, ex-Miss France, qui avait partagé quelques mois de sa vie avec le cuisinier. Et c'est dans ce contexte trouble que Le Figaro a annoncé un tournant pour le restaurant "Monsieur Dior" avenue Montaigne. Après avoir été confiée à Jean Imbert depuis 2022, la carte passe désormais sous la houlette de Yannick Alléno. Le chef aux 17 étoiles, déjà à la tête d’un empire culinaire de mille collaborateurs et d’un chiffre d’affaires approchant les 100 millions d’euros, prend ainsi les commandes de cette table installée au cœur du complexe Dior, où boutique et musée dialoguent désormais avec la gastronomie. Yannick Alléno n’est pas un inconnu pour la maison Dior, ni pour le groupe LVMH.
En 2011, il avait initié le premier Café Dior à Saint-Tropez, avant d’ouvrir le restaurant 1947 à l’hôtel Cheval Blanc de Courchevel en 2008. Avec cette nouvelle aventure parisienne, la collaboration avec Bernard Arnault s’enrichit. Le chef supervise non seulement le restaurant "Monsieur Dior", mais aussi le Café et le Jardin de la boutique. Les plats signés Alléno rendent hommage à l’univers du créateur. Drapé de bar, plissé d’artichaut, veau cousu main ou encore corolle de langoustine composent une partition où la mode devient comestible. "Monsieur", comme Christian Dior était surnommé, vouait un amour particulier aux jardins et aux fleurs. Un fil conducteur qui inspire largement cette carte. Parmi les créations, Le Figaro cite l’œuf Christian Dior, accompagné d’une gelée de jambon translucide et de caviar, véritable "leçon de cuisine classique" facturée 51 euros. Le bar, cuit à la chaleur de l’assiette, s’accompagne d’un beurre blanc rehaussé d’une levure boulangère pulvérisée. Au dessert ? La tomate de Granville ou le nuage d’œuf concluent l’expérience, pour une addition située entre 100 et 150 euros par convive. Derrière la virtuosité des assiettes, le chef de 57 ans revendique un profond changement dans sa manière de gérer ses équipes. Après le drame de la mort de son fils Antoine, renversé, en mai 2022, par un chauffard, en plein Paris, il a fondé une association et engagé une réflexion sur la violence en cuisine.
© BestImage, Jacovides - Clovis / Bestimage
Plutôt que de s’effondrer, il a choisi de transformer cette douleur en action et il a ainsi créé la Fondation Antoine Alléno, qui vient en aide aux jeunes en difficulté, un hommage vibrant à son fils disparu trop tôt. Cette tragédie l’a également amené à repenser la manière dont il dirige ses cuisines. Désormais, il place l’humain au cœur de ses préoccupations, déterminé à améliorer les conditions de travail dans un secteur réputé pour sa dureté. Comme il l’a expliqué au Figaro : "Mon objectif quotidien, c’est de devenir un 'better man'. La violence en cuisine est un sujet éminemment important. Toutes les actions que nous avons mises en place démontrent que le métier est en pleine évolution".
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