On le connaît surtout pour son flegme légendaire, ses chemises impeccables et ses analyses chirurgicales sur le plateau du célèbre programme de M6. Mais, dans une vidéo dévoilée par l’INA il y a quelques jours, on découvre un Éric Larchevêque pris de court par l’émotion. La séquence s'ouvre sur une introduction claire et contextuelle de la voix-off : “On a montré à Eric Larchevêque, juré de l’émission “Qui veut être mon associé ?” des images de son père André, lui-même entrepreneur dans la porcelaine.” La réaction du principal intéressé ne s'est pas fait attendre. Les yeux rapidement embués et la gorge nouée, l'homme d'affaires a totalement laissé tomber le masque de l'investisseur rationnel. “Mon père… Je suis évidemment ému, mais je n’avais jamais vu ces images. Je l’ai perdu il y a longtemps”, a-t-il lâché, la voix tremblante.
Pour bien comprendre cette émotion si viscérale et palpable, il faut remonter le temps et retourner à Vierzon, dans le Cher, là où le clan Larchevêque a régné en maître sur l'artisanat industriel pendant de longues décennies. En découvrant le visage de son père André au milieu des machines d'époque, le quinquagénaire a vu remonter à la surface tout un pan de son enfance, une époque révolue où le travail de la matière rythmait le quotidien de toute la région. Avec une tendresse évidente, il s'est remémoré ces moments précieux passés au cœur de la manufacture : “J’avais une dizaine d’années, donc j’ai un souvenir assez vague de ces usines. Je me rappelle un petit peu des grands bacs de liquide de porcelaine.”
Des souvenirs d’enfance qu’Éric Larchevêque est ravi d’évoquer ouvertement. “On se plongeait dedans, on laissait sécher avec les bras, il y avait des fours-tunnels. C’était tout un univers”, s’est-il souvenu. Si ces images exhumées par l'INA ont tant secoué l'acolyte de Marc Simoncini et d'Anthony Bourbon, c'est justement parce qu'elles viennent raviver une véritable blessure fondatrice. Reprenant ses esprits, l'investisseur a tenu à rétablir la chronologie de cette saga monumentale qui a fait la fierté de toute une ville avant de s'effondrer. “Ça a été une belle aventure familiale qui a commencé avec mon arrière-grand-père. Ce n'est pas mon père qui l’avait créée. C’est allé de père en fils”, a-t-il affirmé.
Éric Larchevêque évoque ensuite le déclin de l’usine : “Et avec l’automatisation, le monde moderne, ce genre d’usine n’était plus vraiment compatible. Ça a marqué toute la famille. La porcelaine, ça a été assez difficile. Dans les années 1980, ça a périclité. Malheureusement, l’usine est terminée”, a-t-il confié. C'est son arrière-grand-père, Marc Larchevêque, qui avait érigé cette manufacture florissante à la fin du XIXe siècle. À son apogée, des centaines d'ouvriers étaient employés et ses hauts bâtiments s’imposaient dans le centre-ville de Vierzon. Mais l'évolution brutale de l'industrie, la mondialisation et les crises successives ont eu raison de ce savoir-faire ancestral transmis de génération en génération.
C'est en toute transparence qu’Éric Larchevêque affirme : “Ça ne s’est pas très, très bien terminé et mon père est parti en préretraite, mais voilà, ça me fait plaisir de voir ça.” De son côté, le juré de l’émission a pris les choses en main pour sa propre carrière. “J’ai surtout vu, en fait, la difficulté et la souffrance, les licenciements. J’ai vu les côtés très durs de l'entrepreneuriat, la souffrance de mon père”, a-t-il assuré avant d’ajouter : “Quand, 30 ans plus tard, je suis devenu entrepreneur pour créer l’usine Ledger, à Vierzon. C’était un peu une revanche sur la vie.” Un héritage familial dont il est très fier et qu’il honore quotidiennement avec ses projets.
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