L'affaire a désormais été jugée. Thierry Birles, un homme qui se faisait passer pour un lord irlandais passionné de voile et qui a arnaqué plusieurs millions d'euros à Dany Boon a été condamné à 5 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende. Dans son box de prévenu, il reconnaît les faits, mais assure qu'il n'avait pas au départ l'intention de s'envoler avec les fonds qui lui ont été confiés selon l'AFP. Début 2021, la star a confié à l'escroc la gestion d'un voilier de 20 mètres encore en construction. L'homme se présente alors comme un lord irlandais, avocat en costume trois-pièces et chapeau mou, rosette à la boutonnière, avec une page Wikipédia le décrivant aussi comme propriétaire terrien et planteur jamaïcain. Selon Nice-Matin, l'homme a également affirmé être polyglotte et parler 7 langues mais aussi maitriser le droit maritime et la fiscalité.
Passionné de voile, il est également skipper et propriétaire de deux bateaux. Il avait cependant déjà passé six mois en prison pour escroquerie. En mars 2021, il crée pour M. Boon une société basée à Antigua - "une solution légale, efficace et discrète", explique-t-il au tribunal - pour la gestion du voilier. L'acteur verse alors 2,2 millions d'euros pour financer la fin de l'acquisition et l'entretien du navire. Une relation de confiance s'instaure et en juillet 2021, quand l'escroc lui propose un montage rémunérateur, avec un prêt d'une banque belge et un placement en bons du trésor irlandais via la société basée à Antigua, Dany Boon verse 4,5 millions d'euros. L'acteur explique qu'il voulait financer ainsi l'achat d'un voilier plus grand. L'escroc relève que l'acteur n'avait même pas encore navigué sur son premier voilier et assure que ce placement avait d'abord des motivations fiscales. Des "insinuations mensongères", pour les avocats de M. Boon, qui n'a pas fait le déplacement.
En novembre 2021, quand l'escroc annonce à l'acteur qu'il va céder son activité à une famille romaine, ce dernier réclame le rapatriement de ses fonds. S'ensuivent des mois d'échanges de sms, où l'escroc temporise, expliquant que les fonds sont bloqués par une banque coréenne ou par la duplicité des repreneurs. En réalité, les fonds sont partis dès l'été vers des comptes à Monaco ou Singapour ou dans des achats de produits de luxe. L'escroc et son ex-femme sont d'ailleurs poursuivis à Monaco pour blanchiment dans le cadre de cette affaire.
Selon nos confrères de Nice Matin, Dany Boon a mandaté des détectives privés pour retrouver l'escroc. Il "découvre alors que Thierry Birles dispose de plusieurs passeports, de sociétés écrans et de comptes bancaires disséminés jusqu'en Corée du Sud. Thierry Birles est interpellé par Interpol au Panama en février 2024".
Parti aux Bahamas quand Dany Boon a porté plainte en 2022, l'escroc a finalement été arrêté au Panama en février 2024 et extradé l'été suivant vers la France.
Devant le tribunal, il assure qu'il a mis neuf millions d'euros à l'abri au Panama ou dans les îles du Pacifique, via "des structures complexes" qu'il est le seul à pouvoir démêler pour dédommager les victimes, à condition de pouvoir se rendre lui-même sur place. Depuis sa cellule à Nice, où il fait office d'écrivain public pour ses co-détenus et poursuit des études en architecture navale, il a quand même réussi à créer une société immatriculée en Floride et à y envoyer 5.000 euros provenant du Belize.
Thierry Birles est toujours visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice monégasque, qui le poursuit, lui et son ex-compagne, pour blanchiment.

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